L'aut'journal
Le jeudi 24 octobre 2019
édition web
L'aut'journal
archives
Retourner à L'Aut'Journal au
jour le jour

Recherche
accueil > l’aut’journal > archives > sommaire > article
AD MARE USQUE AD MARTIN
N° 225 - janvier 2004

L’alphabête
Vincent Larouche, Pierre Dubuc et Gabriel Sainte-Marie
À TQS, on ne parle jamais en mal des quatres saisons ou d’une saison amie

Il s’agit pratiquement d’une première : au cours des prochaines semaines, le Conseil de presse entendra la cause du journaliste Gary Arpin, qui accuse ses employeurs, TQS et la société Cogeco, de censure. Le reporter avait transgressé une règle non écrite voulant qu’on ne parle jamais en mal des partenaires de Quatre-Saisons.

En janvier dernier, Arpin s’était rendu en Abitibi à la demande de ses patrons pour couvrir deux conflits de travail : la grève à la fonderie Horne de Rouyn-Noranda, et celle chez Radio-Nord, dans la même ville. À son retour, il produit un reportage sur chaque conflit, comme on le lui avait demandé.

Mais voilà que la haute direction de Cogeco intervient pour empêcher la diffusion du reportage sur Radio-Nord, qui aurait pu « indisposer » ce partenaire de TQS. Après que le journaliste eut porté plainte, l’entreprise s’est défendue en expliquant qu’il n’y avait plus d’intérêt public pour ce conflit, et que TQS avait pour politique générale de ne pas couvrir les conflits de travail. Notons que le reportage sur la grève à la fonderie Horne a bien été diffusé, et que le conflit à Radio-Nord, loin d’être dépassé, perdure encore aujourd’hui.

S’il est rare que des journalistes portent plainte au Conseil pour une raison autre qu’un congédiement, il n’arrive pratiquement jamais qu’ils le fassent en leur nom propre, sans être représentés par leur syndicat. C’est que le Syndicat des employé-e-s de TQS (FNC-CSN), tout en dénonçant la non-diffusion du reportage, a reconnu « les nombreux impératifs économiques associés à l’exploitation de l’entreprise au sein de laquelle nous oeuvrons » !

Faut pas interroger Mulroney sur ses relations d’affaires

Daniel Johnson et Brian Mulroney viennent d’être nommés responsables du dossier des méga-hôpitaux. Daniel Johnson, ex-premier ministre et ancien membre du conseil d’administration de Power Corp, côtoie aujourd’hui André Desmarais dans le conseil d’administration de Bombardier. Quant à Brian Mulroney, il siège dans le conseil d’administration de l’autre grand empire de presse : Quebecor. Les deux vont toucher 1 000 $ par jour pour leurs services.

Dernièrement, le Globe and Mail a publié un très long dossier, trois pleines pages par jour pendant trois jours, sur Brian Mulroney, auquel la presse francophone n’a pas fait écho. Le Globe revenait sur le dossier de l’achat de 34 avions Airbus par Air Canada en 1988. Accusé d’avoir touché des pots-de-vin, Mulroney avait poursuivi le gouvernement fédéral pour diffamation devant les tribunaux, et touché deux millions $ en compensation dans un règlement hors-cour qui le lavait de tout soupçon.

Le Globe and Mail révélait dans son dossier que Mulroney, après son retrait de la vie politique, a touché 300 000 $ en argent comptant du controversé homme d’affaires allemand Karlheinz Schreiber, qui était impliqué dans l’affaire des Airbus. La commission a été versée pour conseiller M. Schreiber à propos du développement d’une chaîne de restaurants Pasta.

La chose la plus intrigante dans ce dossier, c’est que lors du procès intenté par Mulroney au gouvernement fédéral, qui a eu lieu après qu’il eut touché les 300 000 $, aucun des six avocats de la Couronne n’a, semble-t-il, pensé lui demander s’il avait des relations d’affaires avec Schreiber.

Petrella et le centre d’achat

Durant sa tournée québécoise de novembre dernier, l’économiste politique Riccardo Petrella était de passage au collège de Valleyfield où il a accepté de parrainer le programme de sciences humaines. La particularité du programme est son implication active dans sa communauté régionale. Les étudiants ont informé M. Petrella du déclin des commerces du centre-ville au profit des grandes surfaces longeant l’autouroute vers Montréal et la fragilité de leur économie qui repose sur des entreprises qui menacent de déménager vers le sud. Comme premier pas vers une prise en charge du développement de la région par sa communauté, l’économiste politique a suggéré aux étudiants d’organiser une table ronde réunissant les différents acteurs de la région portant sur l’avenir de la ville. Que sera Valleyfield dans vingt ans ? Une simple banlieue de Montréal où y aura-t-il encore quelque activité économique ? D’origine italienne, Riccardo Petrella a dit apprécier grandement son nouveau rôle de parrain et qu’il continuera d’orienter le développement du département de sciences humaines.

700 itinérants accusés d’avoir brûlé une lumière

Plus de 700 contraventions émises à des personnes itinérantes ont été recensées au cours de l’été dernier par la Table de concertation jeunesse/itinérance du centre-ville et le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM). La plupart d’entre elles trop souvent émises pour des motifs plus que discutables. Plusieurs ont reçu des constats d’infraction pour ne pas s’être conformées aux feux de circulation Combien de personnes, chaque jour, traversent la rue sur un feu rouge à Montréal ? Loin de sortir qui que ce soit de l’itinérance, la judiciarisation ne parvient qu’à déplacer les populations itinérantes d’un quartier à l’autre ou à les mener en prison.

Retour à la page précédente

Partager cet article Imprimer cet article


 


Réseau Média
© l'aut'journal 2002
 
l'aut'journal sur le web
L'aut'journal sur le Web a
été réalisé par Logiweb.