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Bullshit !
N° 224 - novembre 2003

Un film qui donne envie de lire le bon docteur
Ginette Leroux
J’ai toujours écrit en étant médecin et toujours soigné en écrivant », dit celui que l’écriture retenait à son cabinet de consultation. « Il passait plus de temps à son bureau qu’à la maison, confirme sa femme Madeleine. Il n’aimait pas voyager, préférait rester sur place, près de ses paperasses, de ses journaux, à portée de main de ses écrits. »

À la mémoire de Marcelle Ferron, alter ego de son frère Jacques, à qui ce dernier avait « donné la peinture, se réservant l’écriture », le film de Jean-Daniel Lafond est un voyage poético-biographique dans l’univers de Jacques Ferron.

Le cinéaste se substitue au bon docteur. Assis dans son cabinet, derrière son bureau, il emprunte les mots mêmes de l’écrivain, à tel point qu’on croirait voir et entendre Ferron.

La vie de l’aîné de la famille Ferron est racontée en partie par ses deux sœurs Marcelle et Madeleine et par son frère Paul, médecin lui aussi qui pratiquait dans le bureau jouxtant celui de son frère. Ses proches le présentent comme un homme humain, soucieux de ses semblables. « Il était bon comme son père », affirme Marcelle.

Deux ans en Gaspésie, de Cloridorme à Mont-Louis, le bon docteur, au contact de ses patients pauvres, comprend la misère, la désolation inscrite dans leur vie. Ses contes en seront inspirés. Retour à la grande ville. Cette fois à Ville Jacques-Cartier, encore parmi les plus démunis. Le bourgeois, « le grand bourgeois » qui a compris le peuple des opprimés, confond sa vie avec la leur.

Les événements d’Octobre 1970 ont-ils constitué une brisure pour l’homme profondément engagé qui « aime son pays jusqu’à souffrir » ? Ou est-ce plutôt son refus d’accepter comme irréversible la folie de ses patients de l’hôpital psychiatrique Saint-Jean-de-Dieu ?

Pierre Cantin, essayiste, Jean-Claude Germain, dramaturge, John Grube, journaliste, patients et psychiatres unissent leurs voix pour présenter le grand humaniste, le polémiste courageux, l’homme profondément engagé, le gars simple, le missionnaire écrivain, celui qui était mal à l’aise d’être admiré.

Jean-Daniel Lafond livre un document d’une facture sobre, dépouillée, mais d’une intensité remarquable. Quatre-vingt-une minutes et trente et une secondes touchantes et révélatrices qui donnent envie de lire ou relire l’œuvre de Jacques Ferron, « le seul écrivain véritablement national que le Québec contemporain ait produit », selon Victor-Lévy Beaulieu.

Le film sera projeté du 7 au 20 novembre 2003 à 15 h et à 19 h 15, au Cinéma Parallèle (Ex-Centris).

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