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Bullshit !
N° 224 - novembre 2003

L’Argentine ne compte plus les coupures d’eau
André Maltais
Le 20 octobre, le quotidien argentin Pagina 12 révèle une partie de bras de fer opposant le gouvernement argentin de Nestor Kirchner aux compagnies privées étrangères qui vendent des services d'eau et d'électricité à la population.

La veille, une défaillance électrique avait interrompu le service d'eau potable pendant plus de quatre heures dans plusieurs quartiers de Buenos Aires et de sa banlieue.

Aussitôt après, les entreprises d'eau Aguas Argentinas (Suez-Lyonnaise des eaux) et d'électricité Edenor (Électricité de France) se renvoyaient la balle en explications confuses et contradictoires devant les fonctionnaires de l'État argentin.

Plusieurs d'entre ces derniers soupçonnent les compagnies de jouer avec les coupures de services pour faire pression sur l'État afin qu'il permette les hausses de tarifs exigées à la suite des dévaluations du peso survenues depuis l'an 2000.

Le 6 août, le président lui-même alerte la population en ce sens suite à une coupure d'électricité de la compagnie Edisur ayant affecté 400 000 utilisateurs.

Moins d'un mois plus tard, le 3 septembre, six millions d'Argentins sont privés d'eau pendant 14 heures sans aucun préavis. Aguas Argentinas justifie ensuite cette nouvelle coupure par l'apparition de mystérieuses « substances toxiques » dans le Rio de la Plata.

Aussitôt, le gouvernement dénonce le manque d'eau dans les hôpitaux et les écoles et accuse l'entreprise d'avoir « mal géré l'urgence ».

Le 16 octobre, nouvelle coupure: 380 000 clients d'Edesur et d'Edenor (incluant la Casa Rosada, siège du gouvernement) se retrouvent sans courant pendant 15 heures, panne que les présidents des deux entreprises attribuent à un « incendie intentionnel par des tiers ».

Malgré critiques et menaces du gouvernement, aucune amende n'a été infligée.

Par ailleurs, un article de Claudio Savoia (Clarin, 12 octobre) dénonce des compagnies comme l'espagnole Eaux du grand Buenos Aires (AGBA) qui baissent dangereusement la qualité de l'eau offerte.

En tout, un million d'Argentins paieraient pour de l'eau non potable avec un taux de nitrates largement supérieur aux normes nationales de 45 milligrammes par litre.

Même que l'État de Buenos Aires a créé ses propres normes. Ainsi l'eau vendue par AGBA se situe désormais dans une nouvelle catégorie qui recule les limites de l'eau non potable: « eau courante pour la consommation humaine » !

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