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Bullshit !
N° 224 - novembre 2003
Pendant 10 jours des Québécois de 13 régions se sont informés
1000 réseaux d’aqueduc ne traitent pas l’eau
André Bouthillier
On assiste depuis un certain nombre d’années à une offensive sans précédent sur le statut de l’eau en tant que bien commun de l’Humanité. En dehors des chambres de commerces de toutes catégories, tous reconnaissent maintenant que la marchandisation de l’eau met en péril la vie de milliards d’êtres humains partout sur la planète et ce constat inclut les Québécois et Québécoises. Devant ce fait, presque partout à travers le monde, des organismes citoyens naissent pour obliger la gent politique à déprivatiser la gestion de l’eau.

Au niveau national, nous nous sommes donné la Coalition québécoise pour une gestion responsable de l’eau – Eau Secours!, justement pour avoir notre mot à dire dans la gestion de l’eau. Au Canada, c’est Waterwatch qui s’y consacre. Malheureusement, il aura fallu six décès à Walkerton, en Ontario, pour sensibiliser les politiciens aux dangers qui nous guettent. Ce fut une grande leçon de politique appliquée, lorsque la commission d’enquête qui a suivi les événements a dévoilé que le définancement du ministère de l’Environnement de l’Ontario par les néo-libéraux avait joué un grand rôle dans ce drame.

Au Québec, nous sommes loin d’être à l’abri d’une telle catastrophe humanitaire avec nos 1 000 réseaux d’aqueduc qui ne traitent toujours pas l’eau qu’ils distribuent et les 700 000 puits artésiens qui opèrent sans avoir l’obligation de tester la qualité de l’eau puisée.

Évidemment, la situation est beaucoup plus dangereuse pour des millions de personnes dans le monde. Riccardo Petrella, secrétaire de ACME et porteur d’eau avec Eau Secours!, disait en avril dernier que « 12 000 personnes sont décédées hier à cause de l’eau, 12 0000 sont encore décédées aujourd’hui et il y en aura encore 12 000 demain et vos médias n’en ont que pour la pneumonie atypique ».

Dénoncer ne suffit plus, il faut agir et tisser des liens avec tous les intervenants dans le dossier de l’eau. Pierre Therrien, porte-parole de l’Association québécoise des organismes de coopération internationale – l’AQOCI, qui lançait les Journées québécoises de la solidarité internationale, déclare qu’« il faut s’opposer à la tendance actuelle vers la privatisation et la marchandisation accrue de cette ressource essentielle à la vie, qu’on ne peut considérer comme s’il s’agissait d’une simple marchandise ».

Et pour mieux expliquer l’ensemble de la situation, l’AQOCI s’investit dans la formation et la sensibilisation, ce qui amena plus d’un participant à s’engager à la cause de l’eau. Pendant dix jours, les Québécois de treize régions ont pu s’informer, que ce soit par des kiosques, des pièces de théâtre, la diffusion de films et de vidéos, des expositions, des visites d’usine de filtration, des soirées de poésie ou de l’animation dans les écoles.

Il y avait de tout pour tous et même un spectacle, au Kola Noté de Montréal, avec Pierre Flynn, Soraya Benitez, Tomas Jensen, Lody Auguste, Tania Langlois, le tout mis en scène par Martin Ferron d’Eau Secours!.

Du côté des conférences Mark Zeitoun, partenaire de l’Aide médicale pour la Palestine, aborda la question de l’eau dans le conflit israélo-palestinien, et Cheikh Diop, partenaire du CECI, nous convia à découvrir la gestion participative telle que vécue au Sénégal.

Illustre conférencière, Mme Danielle Mitterrand, présidente de l’Association pour un contrat mondial de l’eau – ACME-France, donnait le coup d’envoi à Québec et à Montréal, aux Journées québécoises de la solidarité internationale et déclarait : « Nous revendiquons le droit d’accès à l’eau pour tous, et la gestion des services d’eau et d’assainissement en toute transparence, par le domaine public, en y associant les usagers »

Selon Mme Mitterrand, soumettre l’eau aux lois du marché entraînera des conséquences désastreuses et irréversibles sur les plans écologique, social et humain. Une ressource aussi vitale que l’eau ne doit plus être considérée au même titre qu’une marchandise telle que le pétrole, car rien ne peut la remplacer. Il importe plus que jamais que les citoyens fassent entendre leur voix pour la sauvegarde de l’eau comme bien commun patrimonial de l’Humanité.

Au terme de ces dix jours d’échanges, une constatation s’impose. La tâche sera énorme et nous aurons besoin de chacun. Le premier pas de la solidarité demande dans un premier temps de faire partie des effectifs des groupes qui se consacrent à rendre possibles pour tous, l’accès, la qualité et le contrôle démocratique de l’eau.

Pour devenir membre d’ACME-Québec : www.manifesteau.qc.ca. Pour devenir membre d’Eau Secours! : www.eausecours.org

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