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Bullshit !
N° 224 - novembre 2003

L’alphabête
Pierre Dubuc et Vincent Larouche
Une grosse tache jaune indélibile au beau milieu de la nouvelle Presse

Les patrons, les éditorialistes – et même certains journalistes – se sont transformés en « spin doctors » pour nous vanter la « nouvelle » Presse, désormais imprimée par le Groupe Transcontinental.

Disons la vérité, à moins de confondre qualité d'impression et présentation générale, les premiers numéros étaient barbouillés, laids et illisibles. Ce n'était pas un journal, mais une circulaire commerciale. Dans le premier numéro, nous avons compté l'équivalent de 34 pages de publicités sur 72 pages ! Pendant des jours, nous avons eu droit à de pleines pages de publicité et à de nombreuses pages où la publicité mangeait les trois quarts de l'espace, écrasant de courts articles sans photo. On pouvait légitimement se demander si on ne se dirigeait pas vers un journal sans journalistes, comme l'est le journal Métro, qui est produit par Transcontinental et Power Corporation, et si on n'allait pas le distribuer dans les publi-sacs, une autre entreprise du Groupe Transcontinental.

Les propriétaires de La Presse auraient pu saisir l'occasion pour faire plaisir à leurs lecteurs plutôt qu'à leurs annonceurs. Après tout, La Presse est une institution au Québec. Rappelons que le gouvernement de Jean Lesage considérait que le journal jouait un rôle si important dans la vie sociale et politique du Québec qu'il a adopté en 1961 une loi pour interdire toute vente de La Presse à des intérêts étrangers. Lorsqu'en 1967, Paul Desmarais voulut se porter acquéreur de La Presse, cela déclencha une enquête gouvernementale et ce n'est qu'en 1967 que le gouvernement de Daniel Johnson autorisa par législation la transaction.

En 1971, la grève des pressiers de La Presse eût un impact considérable sur le mouvement syndical. C'est suite à la répression d'une manifestation – où le matraquage par les policiers fut si sauvage qu'il causa la mort d'une manifestante, Michèle Gauthier – que Louis Laberge prononça une phrase qui allait devenir célèbre : « Ce n'est pas des vitres qu'il faut casser, c'est le régime que nous voulons casser… »

Un mois plus tard, à son congrès, la FTQ opérait un tournant majeur. Elle adoptait un manifeste, L'État rouage de notre exploitation, qui critiquait « l'État bourgeois au service du système capitaliste et impérialiste ». Dans son discours intitulé « Un seul front », Louis Laberge appela à la mise sur pied d'« un front large et unifié de lutte à opposer aux forces de l'argent », un front qui permettrait de « casser le système actuel » et d'« instaurer chez nous un véritable pouvoir populaire », c'est-à-dire un socialisme démocratique et québécois.

Les temps ont changé. Trente-deux ans plus tard, les propriétaires de La Presse ont réussi, en confiant l'impression du journal en sous-traitance à Transcontinental, le tour de passe-passe de se débarrasser du syndicat des pressiers. Sauf Michel Chartrand et l'aut'journal, personne n'en a parlé. Ni La Presse – pas surprenant, elle n'a même pas de chroniqueur syndical –, ni les syndicats concernés, en l'occurrence la Fédération nationale des communications de la CSN.

Cela n'empêchera pas tous les travailleuses et travailleurs syndiqués de remarquer la grosse tache jaune indélibile dorénavant imprimée en filigrane dans chaque exemplaire de La Presse.

Pas nouveau les libéraux le statu quo

L’Union des forces progressistes s’est trouvé un nouvel allié dans sa lutte pour l’instauration d’un scrutin proportionnel au Québec dès les prochaines élections. Le chef du NPD, Jack Layton, est venu en personne participer au lancement de la campagne à Montréal.

Sous le thème « Pour qu’enfin chaque vote compte ; une vraie proportionnelle dès les prochaines élections », la campagne débutera par une tournée d’information dans une dizaine de régions du Québec au cours de l’automne. Une pétition circulera également à travers la province.

Au NPD, on croit qu’il est grand temps de changer le système électoral, tant au fédéral qu’au provincial, afin de refléter fidèlement la volonté des électeurs. Le parti fédéral a déposé une motion sur la proportionnelle à la Chambre des Communes, qui fut rapidement rejetée.

Chrétien fera sa sortie sur deux avions Bombardier

Le Globe and Mail de Toronto affirme que la vérificatrice générale mettra le gouvernement Chrétien dans l'eau chaude en révélant dans son prochain rapport que 100 millions $ ont été dépensés inutilement pour l'achat de deux avions à la compagnie Bombardier.

La presse torontoise ne rate jamais l'occasion de traiter la firme Bombardier de « welfare corporate bum », c'est-à-dire de compagnie assistée sociale, étant donné les largesses dont elle bénéfice à même les fonds fédéraux.

Ces révélations devraient inquiéter le Parti libéral. La décision du gouvernement Mulroney en 1986 d'accorder le contrat d'entretien des F-18 à Bombardier plutôt qu'à une entreprise de Winnipeg avait alimenté le ressentiment de l'ouest contre le gouvernement central et joué un rôle important dans la scission intervenue au sein du Parti conservateur avec la création du Reform Party.

D'ailleurs, pour marquer symboliquement l'événement, le premier congrès du Reform Party avait eu lieu à Winnipeg, le jour du premier anniversaire de l'octroi des contrats des F-18 à Bombardier.

Coulombe n’est pas une colombe

Le gouvernement Charest vient de nommer Guy Coulombe à la présidence de la Commission d'études de la gestion des forêts publiques. La Presse et Le Devoir ont rappelé qu'il a déjà dirigé Hydro-Québec et la SGF, mais ont omis de mentionner qu'il avait également été président de la papetière Consolidated-Bathurst. Devons-nous nous surprendre que le Conseil de l'industrie forestière ait accueilli très favorablement la nomination de Guy Coulombe.

Le budget de la maladie gardera l’armée en santé

Le gouvernement fédéral vient d'annoncer un surplus budgétaire de 7 milliards pour l'année fiscale 2002-2003, soit trois milliards de plus que prévus. Rien de nouveau sous le soleil. Depuis 1997, le gouvernement fédéral a sous-estimé ses surplus de 35,3 milliards.

Au même moment, le ministre des Travaux publics, Ralph Goodale, multipliait les interventions publiques sur les intentions du futur gouvernement Martin. M. Goodale, considéré comme le pilier du prochain gouvernement, a indiqué que le premier budget du prochain gouvernement Martin contiendra des compressions importantes qui toucheront tous les ministères.

Selon le Globe and Mail, cette orientation est dictée par le Canadian Council of Chief Executives, l'équivalent du Conseil du patronat au Canada. Le Globe rapporte les propos suivants du vice-président du CCCE, David Stewart-Patterson : « Si le gouvernement veut être en mesure de rencontrer les besoins pressants dans la santé et la défense, il doit revoir sérieusement les dépenses des différents ministères ».

Nous avons déjà que le fédéral remet en question le versement des milliards prévus aux provinces dans le cadre des programmes de santé. Cependant, l'armée prévoit aller de l'avant avec ses trois projets prioritaires, soit le remplacement des hélicoptères maritimes Sea King, la transformation de l'armée de terre et la modernisation de la flotte d'avions Hercules.

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