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L'homo libéralus !
N° 223 - octobre 2003

L’affaire du lait contaminé
Laila Maalouf
Un journaliste, ça ferme sa gueule ou ça démissionne ». Jane Akre et son mari, Steve Wilson, recrutés par la chaîne télévisée de Tampa (Floride), WTVT Channel 13, pour leurs quarante-cinq années cumulées d’expérience en tant que journalistes de télévision, ont dû assister « à des procédés de contrôle de l’information éhontés » qui ont brisé leur carrière.

La série de reportages confiée à Akre et Wilson portait sur la rbGH, l’hormone de croissance bovine recombinante. Fabriquée par Monsanto et administrée par la majorité des éleveurs de la Floride à leurs vaches pour stimuler la production de lait, cette hormone pourrait stimuler la réplication des cellules cancéreuses chez les êtres humains.

En février 1997, l’enquête de Jane Akre et de Steve Wilson est prête à être diffusée. Pourtant, aucun des quatre épisodes ne paraîtra. Le laboratoire Monsanto, ayant eu vent de la série par l’énorme campagne publicitaire annonçant aux téléspectateurs la révélation de ce que contient véritablement le lait que boivent leurs enfants, menace le réseau télévisé d’annuler ses contrats publicitaires. Les deux journalistes sont qualifiés d’incompétents et accusés de diffamation par Monsanto. La chaîne WTVT tente d’obtenir des changements favorables au fabricant dans la série, mais ni Akre ni son mari n’acceptent de compromettre l’intégrité de leur reportage.

Accusés d’insubordination de la part de leurs supérieurs à la chaîne Fox, licenciés sans motif officiel, les deux journalistes décident de demander réparation en justice à leur ancien employeur.

Au terme de cinq semaines de procès, le jury accorde à Jane Akre des dommages et intérêts d’un montant de 425 000 $. Son époux, quant à lui, n’obtient aucune indemnité. Bien que la Fox se déclare « totalement innocentée », elle porte l’affaire devant la Cour d’appel, qui condamne les deux journalistes, au chômage depuis leur licenciement, à rembourser à la chaîne ses frais d’avocats (c’est-à-dire plusieurs millions de dollars).

Le 14 février 2003, la Cour d’appel de Floride juge qu’aucune loi n’interdit à une chaîne de télé ou à un groupe de presse de mentir au public. En conséquence, la Cour estime que les dispositions légales en vigueur en Floride, protégeant les employés qui dénoncent les pratiques illicites de leur employeur, ne pourront plus s’appliquer.

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