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L'homo libéralus !
N° 223 - octobre 2003
Les bûcherons n’arrivent plus, plusieurs font faillite
Une coupe à blanc pour le boss, une pour la machinerie
Stéphanie Beaupied
Au colloque sur la forêt québécoise organisé par le Réseau québécois des groupes écologistes, les 27 et 28 septembre, Ghislain Fortin a parlé d’un sujet qui n’est pas souvent abordé : celui des travailleurs forestiers plus particulièrement des abatteurs.

D’emblée, M. Fortin dénonce la peur du gouvernement d’agir en matière de foresterie. « Moi, je ne comprends pas, dit-il, les ministres on les voit pas dans les chantiers !. Dans le fin fond de la forêt québécoise, ce sont les compagnies qui mènent ! »

Les compagnies mesurent, elles-mêmes, la quantité de bois coupée, et personne du ministère ne vérifie le mesurage des grosses multinationales. « C’est bien simple, explique Ghislain Fortin, les gars se font voler, ils coupent du bois que les compagnies ne mesurent pas. L’État aussi se fait voler. » Fortin souligne que c’est particulièrement problématique pour les arbres de dix centimètres et moins. Il y aurait, selon lui, beaucoup plus d’arbres abattus que ce que laissent croire les chiffres officiels. Il avance même le chiffre de « 139 000 mètres cubes non déclarés ». Les profits vont donc directement dans les poches des multinationales.

Les bûcherons d’aujourd’hui doivent en couper du bois pour rentabiliser leur machinerie. « En 1980, explique Fortin, les machines conventionnelles coûtaient autour de 100 000 dollars; aujourd’hui, un forestier doit dépenser 1,5 millions $ pour s’équiper. Et les gars n’arrivent pas, plusieurs font faillite. »

Les conditions de travail sont dures. Le travailleur de la forêt ne figure nulle part dans le code du travail, il n’a pas de sécurité ni de fonds de pension. Durant leurs journées de travail, les travailleurs forestiers demeurent en plein bois où il n’y a souvent ni eau courante ni électricité. À plusieurs endroits, il n’y a même pas de campement. Fortin raconte qu’il a vu à St-Michel-des-Saints « des gars qui étaient dans une roulotte de 14 pieds à 40 sous zéro. Un petit fil connecté à la génératrice des boss alimentait la chauffrette, et c’est tout. Pas d’électricité, pas d’eau. » Il poursuit : « Il y déjà eu des cas de contamination parce que les gars s’approvisionnaient à même l’eau d’un creek ». À quand l’enquête publique ?

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