L'aut'journal
Le mercredi 26 juin 2019
édition web
L'aut'journal
archives
Retourner à L'Aut'Journal au
jour le jour

Recherche
accueil > l’aut’journal > archives > sommaire > article
L'homo libéralus !
N° 223 - octobre 2003
La sous-traitance réduit les salaires et augmente les emplois à temps partiel
Un partiel n’est plus une prothèse dentaire, c’est un travailleur
Gabriel Sainte-Marie
En août dernier, le taux de chômage au Québec a atteint la borne psychologique des 10 %. Il y a présentement plus de 400 000 Québécoises et Québécois qui se cherchent un emploi et qui n’en trouvent pas. Simplement entre juillet et août, ce sont 35 000 emplois qui ont été perdus. Il faut reculer en 1998 avec les politiques du déficit zéro pour retrouver un taux de chômage de 10 %.

Les analystes de Statistiques Canada expliquent que cette baisse globale d’emplois se retrouve uniquement au Québec et au Nouveau-Brunswick. Dans la province maritime, ce sont les secteurs des ressources naturelles et de l’hébergement et restauration qui ne tournent pas rond. Ici, c’est le cas de plusieurs secteurs.

Comme dans tout le Canada, les emplois liés à la gestion d’entreprises, aux services administratifs et autres services de soutien sont en baisse, malgré une tendance de long terme à la hausse. Il s’agit des concierges, des gardiens de sécurité ou encore des téléphonistes qui sont mis à pied. Comme en Alberta, le Québec perd des emplois inscrits dans le secteur des soins de santé et d’assistance sociale, malgré encore une croissance de long terme.

Où ça va vraiment mal, c’est dans l’important secteur de la fabrication. Depuis le début de l’année, le Québec a perdu 5 % des emplois de fabrication. C’est principalement ce qui explique la faiblesse de notre marché du travail. Cette contraction va de pair avec la diminution des postes dans les entreprises privées. Au Canada, il n’y a pas eu de recul aussi important d’emplois dans l’entreprise privée depuis 1995.

Ces 46 000 postes perdus en août sont en partie compensés par 19 000 nouveaux travailleurs indépendants. Ces comouvements sont des signes de l’augmentation de la sous-traitance chez les entreprises. Elles réussissent ainsi à réduire les salaires et conditions de travail de leur main-d’oeuvre.

La détérioration de la qualité des emplois se voit aussi dans la diminution des postes à temps plein en même temps que l’augmentation des emplois à temps partiel. Toujours en août et au Canada, il y avait 22 300 postes à temps plein de moins qu’en juillet. Les femmes ont perdu 15 300 postes à temps plein et les hommes 6800. C’est deux fois plus de temps plein perdus pour les femmes. Pendant la même période, elles gagnent 12 300 nouveaux emplois à temps partiel, tandis que les hommes en perdent 9100. Le gain net d’emplois à temps partiel est de 3200. Il y a moins d’emplois à temps plein et plus de temps partiel. Cette précarisation des conditions de travail est davantage marquée chez les femmes.

Il y a quand même deux secteurs qui vont mieux. Depuis le début de l’année, celui de la construction a augmenté son importance de 3,6 %. Il y a cette année 11 % de plus de mises en chantier que l’année passée. Le lien entre cette augmentation et la crise du logement est évident.

En un an, les postes liés à l’administration publique on augmenté de 7,6 % au Canada. Malgré cette hausse, il nous manque encore 5 % des effectifs pour retrouver le niveau d’emplois qui a précédé les coupes et compressions exigées par les partisans du déficit zéro.

Plus de sous-traitance et de travailleurs indépendants réduit le pouvoir des syndicats. En ajoutant à cela plus de postes à temps partiel et moins de temps plein, tout le monde comprend que les conditions de travail n’évoluent pas à notre avantage. Quand un travailleur sur dix n’a plus d’emploi, il est prêt à accepter de moins bonnes offres. C’est la situation actuelle.

Retour à la page précédente

Partager cet article Imprimer cet article


 


Réseau Média
© l'aut'journal 2002
 
l'aut'journal sur le web
L'aut'journal sur le Web a
été réalisé par Logiweb.