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L'homo libéralus !
N° 223 - octobre 2003

Le nouveau président du syndicat de la SAQ par lui-même
Pierre Dubuc
Nous avons besoin de communicateurs plus que de négociateurs

Je veux, nous dit Martin Charron, le nouveau président du syndicat de la SAQ, redonner ses lettres de noblesse à notre syndicat. Je veux qu'il soit combatif, présent sur toutes les tribunes à défendre des causes sociales ». Il reconnaît que le syndicat s'est replié sur lui-même après le départ du légendaire Ronald Asselin et le décès prématuré de son successeur Jules St-Amour. Il y va d'une explication particulièrement intéressante.

« Quand les fortes personnalités qui ont marqué le syndicalisme québécois des années 1960 et 1970 ont quitté, elles n'ont pas été remplacées sur la place publique. Leurs successeurs ont consacré trop de temps à la négociation, aux relations de travail. » Sans trop de succès, ajoute-t-il, puisqu'ils ont négocié les clauses orphelin responsables d'un schisme entre les générations à l'intérieur du mouvement syndical. « Aujourd'hui, affirme Martin, nous avons besoin de communicateurs, plus que de négociateurs. Le rapport de forces dépend de la mobilisation. Les dirigeants syndicaux doivent intervenir sur la place publique avec un contenu social ».

Pour refaire l'unité dans les rangs du syndicat, Martin pense qu'il faut revitaliser le rôle du délégué syndical, assurer la formation syndicale et, surtout, reprendre un contact direct avec ses membres. « Nos 3 800 membres, dispersés dans une multitude de succursales, sont en contact quotidien avec leur patron, mais pas avec leur organisation syndicale. Peut-être que leur boss dans leur succursale est correct, mais il faut leur expliquer que le problème vient du boss du boss de leur boss. Pour le faire, il faut que la direction syndicale et les délégués les rencontrent personnellement, leur parlent directement ». Une tâche difficile pour un syndicat présent à l'échelle du Québec et dont 70 % des membres sont à temps partiel, mais combien nécessaire.

Que le syndicat joue un plus grand rôle social est également, selon Martin, une condition nécessaire de sa régénérescence. « Il y a un vrai problème de redistribution de la richesse, dit-il. On voit de plus en plus de BMW, de Porsche et de Mercédès côtoyéer de plus en plus de minounes. Il y a trop d'insensibilité à la misère humaine. Je regarde les législations sociales de pays comme la France ou les pays scandinaves et je trouve que nous sommes drôlement en retard. Il faut ramener un discours social sur la place publique. »

Pour lui, la mondialisation, l'ALENA et la ZLÉA, sont des menaces à nos acquis sociaux. « Je comprends pas qu'on puisse tolérer des dispositions comme le Chapitre 11 de l'ALENA qui permet à des entreprises de poursuivre des gouvernements. Il faut assurer la prédominance des États sur les compagnies », lance-t-il.

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