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L'homo libéralus !
N° 223 - octobre 2003

Étranges compagnons de lit
Pierre Dubuc
Dans un article portant sur le mariage gai (Le Devoir 22/09/03), le chroniqueur Michel Venne du Devoir cite en appui à son propos le concept de « réciprocité de la reconnaissance » avancé par Michael Ignatieff dans son ouvrage La Révolution des droits (Boréal 2001). « Lorsqu'une minorité se voit reconnaître des droits, celle-ci devrait à son tour reconnaître la majorité », écrit Venne en donnant l'exemple des nations autochtones. « Lorsqu'un gouvernement, écrit-il, reconnaît des droits aux nations autochtones, il s'attend à ce que ces nations reconnaissent en retour le bien-fondé du droit criminel, de la Charte des droits et des règles de conservation des espèces en vigueur ».

Nous aurions aimé que Venne, un souverainiste convaincu, commente l'application que Ignatieff fait de son concept de « réciprocité de la reconnaissance » lorsqu'il l'applique aux relations entre le Canada anglais et le Québec.

Dans La Révolution des droits, Michael Ignatieff cite le Canada et sa Charte des droits comme l'exemple à suivre à l'échelle internationale. Les droits qui trouvent grâce à ses yeux n'incluent évidemment pas le droit du Québec à l'autodétermination. Au contraire, sur un ton menaçant, Michael Ignatieff nous fait part de ce qu'il considère être « la vérité du Canada anglais ». Il écrit que « la Conquête britannique de 1763, loin d'étouffer le fait français en Amérique du Nord, a apporté l'autonomie aux Canadiens français pour la première fois ». Puis, martelant que « la vérité est la vérité, le droit est le droit », il en remet et affirme que c'est la Conquête qui « a assuré la survie d'un Québec démocratique en Amérique du Nord ». Le message d’Ignatieff est drôlement clair : même s'il franchit tous les obstacles placés sur son chemin – campagne de commandites fédérales, chantage économique, menaces de partition, loi sur la « clarté » – le mouvement d'émancipation de la nation québécoise se butera, même au terme d'un référendum gagnant, à la « vérité » du Canada anglais.

Vous vous retrouvez en bien étrange compagnie, M. Venne !

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