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L'homo libéralus !
N° 223 - octobre 2003

Comment ça se dit torture en basque ?
Stéphanie Beaupied
Gorka Perea et Eduardo Plagaro, deux militants basques arrivés au Québec en 1997, croupissent derrière les barreaux depuis plus de deux ans en attendant le verdict du Ministre fédéral de la justice Martin Cauchon sur leur possible extradition en Espagne. L’histoire triste de ces deux jeunes hommes ressemble étrangement à celle de quelques 8 000 Basques éparpillés un peu partout dans le monde. Il y a de cela 10 ans, Gorka et Eduardo ont été arrêtés par la police espagnole et accusés de délit d’incendie en lien avec l’ETA.

Une loi anti-terroriste espagnole autorise la détention des suspects cinq jours sans avocat ni médecin, ce qui laisse amplement le temps à la police d’arracher des aveux par la torture. Ce fut le cas d’Eduardo et de Gorka. L’Etat espagnol espère par ces pratiques éliminer les attentats armés de l’ETA, mais il s’en prend aux militants indépendantistes basques dans leur ensemble.

Les cas de torture pratiquée par l’Espagne sont très documentés par des organismes internationaux tels que le Comité des Nations unies contre la torture, les Droits de l’Homme ou encore Amnesty International. Ils sont unanimes, la torture est une pratique habituelle envers les militants indépendantistes basques. Depuis 1992, entre 48 et 131 cas de torture sont dénoncés par année, les dossiers sont appuyés par des photos, des examens médicaux et par des experts du Comité européen pour la prévention de la torture.

N’est-ce pas étonnant que le ministre Cauchon conclut que Gorka et Eduardo ne sont pas exposés à des risques sérieux de torture s’ils sont retournés en Espagne? Fort heureusement, les deux réfugiés sont supportés par un Comité d’appui grandissant de personnalités (Pierre Falardeau, Denis Trudel, la bloquiste Francine Lalonde et le député du Parti québécois Daniel Turp). Toujours en prison, les deux réfugiés n’approchent pas le seuil. Ils devront d’abord aller en Cour d’appel et peut-être en Cour suprême avant de retrouver une vie normale. Il serait temps de leur rendre leur liberté, cette histoire a déjà hypothéqué 10 ans de leur vie.

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