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Finies les folies !
N° 222 - septembre 2003

La violence domestique a tué autant Manon Houde que Marie Trintignant
Élaine Audet
L’été 2003 restera dans les mémoires comme celui du meurtre de la photo-reporter Zahra Kazemi et de l’actrice Marie Trintignant. Retournée dans son pays d’origine pour faire un reportage sur les manifestations en faveur de la démocratie, la journaliste a été arrêtée lorsqu’elle prenait des photos de la sinistre prison d’Evin. Lors de sa détention, cette citoyenne canadienne a été battue à mort par les services de renseignement de la République islamique d’Iran et plus particulièrement, selon toutes les sources, par son procureur général, Saïd Mortazavi. En dépit de toutes les protestations internationales, les autorités iraniennes ont forcé la mère de la victime, même si ce droit revient en priorité à son fils, à signer les papiers autorisant l’inhumation de son corps à Chiraz, sa ville natale. Dans toute cette affaire, le gouvernement canadien n’a jamais mis toute la vigueur nécessaire dans ses interventions sans doute, comme le dit le fils de Zahra Kazemi, pour ne « pas perdre ses intérêts en Iran. Après tout, ce n’était que la vie d’une autre femme ».

Le meurtre de l’actrice Marie Trintignant par Bertrand Cantat, le chanteur-vedette de Noir Désir, a suscité beaucoup d’émoi dans les médias qui, pour la plupart, y ont vu une tragédie de la passion. Dès le départ, on a cherché à trouver des circonstances atténuantes au chanteur en invoquant les rôles de femmes bizarres qu’elle avait joués, son tempérament hystérique, l’alcool, la drogue, son sens de la liberté. On a aussi prétendu que c’est elle qui avait frappé le chanteur. Eh oui ! Et il n’a rien pu faire d’autre que de la frapper à mort. Cantat a déjà, derrière lui, une histoire de violence envers les femmes, comme le confirme l’enquête en cours. Le meurtre de Marie Trintignant est la conséquence, aujourd’hui encore, de rapports sexuels de domination, qui font des femmes la propriété des hommes et du droit de décider librement de leur propre vie un haut risque. (1). La violence domestique masculine ne connaît pas de barrières géographiques ou de classe, elle a tué tant Manon Houde et ses deux filles, d’Otterburn Park, que Marie Trintignant, vedette internationale.

Pour en savoir plus : Micheline Carrier, « Marie Trintignant a été tuée par un homme violent », Sisyphe, 6 août 2003 : http://sisyphe.levillage.org/article.php3?id_article=577

http://www.liberation.fr/imprimer.php?Article=129413#

La violence sexiste tue par Marie-Joseph Bertini, Paris, Libération, 2003

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