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Finies les folies !
N° 222 - septembre 2003
Pour le citoyen, il est impossible de savoir si l’eau est baignable
Ça prendrait un laboratoire dans son costume de bain
André Bouthillier
Il est vrai qu’en 20 ans, la qualité de l’eau du fleuve en général s’est améliorée. Cependant, et quoi qu’en pensent les municipalités, il est irresponsable de dire aux gens qu’ils peuvent s’y baigner. Pour le citoyen, il est impossible de savoir si l’eau du lieu qu’il choisit est assez propre pour l’accueillir. Les tests sont pris périodiquement, et personne ne peut dire qu’en ce jour, en ce lieu, la baignade est sans risque. À moins d’avoir un laboratoire dans son costume de bain! Et encore, certains tests prennent 48 heures ou plus, avant d’avoir le résultat.

Dans la région de Montréal, à des endroits, on mesure des taux de 10 000 coliformes qui flottent pendant que la loi en refuse plus de 200! Après avoir entendu un fonctionnaire montréalais affirmer: « Nous travaillons pour que les pancartes “ Attention eau polluée ” soient remplacées par “ Baignade à vos risques ” », sur les ondes de CBC-Radio. Eau Secours! répond à cette cynique repartie par « Nous travaillons pour que la ville remplace les pancartes “ Baignade à vos risques ” pour celle de “ Montréal se tient responsable de la qualité de ses eaux de baignade ” ».

Il faut bien le dire, les cours d’eau le long du fleuve sont contaminés par les eaux de débordement. Prenons le cas de Montréal qui est bien documenté. Il s’agit de l’eau usée (excréments, produits chimiques, antibiotiques, huiles etc.) qui est tout simplement lâchée dans les cours d’eau ceinturant Montréal, parce que l’usine de traitement des eaux usées ne suffit pas à la tâche. Lors de grandes pluies, l’usine ouvre des valves qui se trouvent un peu partout dans l’île et les égouts sont déversés directement dans le fleuve ou dans la rivière des Prairies.

Les intercepteurs de Montréal et de Laval régurgitent le contenu des égouts dans les cours d’eau. Sans traitement, comme autrefois ! Et comme la région reçoit une pluie par semaine, en moyenne, l’impact est dévastateur: par année, entre le premier mai et le premier octobre, on a environ 25 déversements. Ça prend de deux à trois jours avant qu’on puisse retrouver l’eau originale et la disparition des coliformes. L’impact est donc de trois jours et demi par semaine et on ne dit rien des produits chimiques.

Il y a aussi des bavures par temps sec. Le problème, cette fois: des égouts mal entretenus et surtout, mal raccordés. Ce sont des résidences ou des établissements corporatifs dont les tuyaux de renvoi d’eaux usées (sales) ne sont pas branchés au système d’égout qui amène le tout à l’usine d’épuration des eaux usées. Ils déversent tout simplement à plein temps, 24 heures sur 24 heures, leurs eaux usées dans nos cours d’eau. Saviez-vous qu’il y a encore des établissements tout le long du fleuve, qui ne sont pas raccordés au réseau d’égout et qui se servent de fosses septiques sans champ d’épuration ?

Dans plusieurs villes on trouve un double réseau d’égout: D’abord, l’égout sanitaire qui achemine l’eau des toilettes à l’usine de traitement, et à côté, l’égout pluvial qui conduit l’eau de pluie directement au cours d’eau.

Dans le bassin versant de « La Rivière-à-l’Orme », à Montréal, l’arrondissement de Kirkland comprend des quartiers complets raccordés au mauvais tuyau. Les ingénieurs municipaux sont aux abois, car les politiciens-nes négligent l’entretien des égouts pour réduire leurs dépenses. Un problème permanent, et cela suffit pour que tout le rivage du fleuve demeure dangereux !

Ces eaux de débordement (ou surverses) entraînent des quantités importantes de contaminants dans nos cours d’eau, notamment des microorganismes indésirables (virus, bactéries, etc.), des débris flottants, des matières en suspension et des rejets d’eau usées industrielles (métaux, etc.). Cette contamination freine le recouvrement des usages de nos cours d’eau. Pour Martine Ouellet de la Coalition Eau Secours!, « Les politiciens et politiciennes doivent envisager des interventions additionnelles pour éliminer la pollution de cours d’eau et nous permettre de profiter des plaisirs qu’ils nous procurent, sans risques pour notre santé. Pour le moment nous leur enjoignons de cesser de dire que l’eau du fleuve est propre à la baignade. »

Note au lecteur : Afin de faciliter la lecture, chacune des références précises n’apparaît pas dans le texte. Elles proviennent des documents des Comité de zone d’intervention prioritaires (ZIP) et du site de référence d’Eau Secours! - La Coalition québécoise pour une gestion responsable de l’eau à : www.eausecours.org

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