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Finies les folies !
N° 222 - septembre 2003
Si le ministre veut leur avis, il n’a pas besoin d’une commission parlementaire
Les étudiants sont prêts à le rencontrer dans la rue
Vincent Larouche
À l’approche de la Commission parlementaire sur le financement des universités, on s’active sur les campus. Confrontés à une hausse incessante des frais afférents liés aux études post-secondaires, à un sous-financement récurrent et à un possible dégel des frais de scolarité, les étudiants passent à l’action et promettent un automne « cauchemardesque » au premier ministre Jean Charest. Le ministre de l’Éducation, Pierre Reid, qui s’est donné l’objectif en cette rentrée de permettre aux jeunes de « décrocher leurs rêves », devrait avoir aussi droit à sa part de cauchemars.

« Contre un gouvernement aussi conservateur, on ne peut pas se permettre d’être seulement défensif, il faut passer à l’offensive », explique François Baillargeon, porte-parole de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), qui regroupe 50 000 étudiants collégiaux et universitaires du Québec. L’ASSÉ appelle l’ensemble des associations étudiantes à la grève générale illimitée pour obtenir l’annulation des hausses de frais dans les cégeps et un réinvestissement massif et inconditionnel dans l’éducation, qui comblerait les coupures des années passées et consoliderait l’éducation publique.

Du côté de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), on annonce aussi des moyens de pression si le ministre Reid ne dépose pas une loi-cadre sur le financement des établissements scolaires avant la Commission parlementaire, afin de tuer définitivement le débat sur le dégel des frais de scolarité. Les deux associations totalisent ensemble plus de 225 000 étudiants, qui pourraient déclencher la grève si le gouvernement ne répond pas à leurs attentes.

Selon la présidente de la FECQ, Geneviève Hardy, les fédérations participeront tout de même à la Commission, mais en l’absence de projet de loi, « je ne pense pas qu’il va y avoir beaucoup d’étudiants sur les bancs d’école ».

À l’ASSÉ, on ne prévoit pas se contenter d’une loi-cadre sur le financement, qui, selon M. Baillargeon, «institutionnaliserait le refus de la gratuité scolaire». Pas question non plus de participer à la Commission parlementaire de cet automne: « Si le ministre veut notre avis, il l’a, pas besoin d’aller s’asseoir à une Commission. De toute façon, à ce moment-là, on va être dans la rue et personne ne va pouvoir nous ignorer. »

Au sein du mouvement étudiant, personne ne s’enthousiasme des promesses de Pierre Reid selon lesquelles il n’y aura pas de dégel des frais de scolarité. Alors qu’il était président de la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec, en 1996, Reid proposait déjà le dégel pour pallier aux coupures draconiennes du gouvernement Bouchard.

Dans un lapsus significatif, la vice-première ministre, Monique Gagnon-Tremblay, a d’ailleurs parlé de la future « Commission sur le dégel » de cet automne. Plusieurs députés libéraux sont aussi reconnus comme favorables à ce projet, ce qui inquiète les associations étudiantes : une Commission recommandant le dégel donnerait-elle assez de légitimité au ministre pour briser ses promesses ?

Parallèlement, les étudiants déplorent aussi les moyens détournés utilisés par le gouvernement pour aller chercher de l’argent dans leurs poches malgré le gel officiel des frais de scolarité. Selon la FEUQ, les frais afférents, exigés par les universités en échange d’une foule de services autrefois gratuits, ont augmenté de 115 % en neuf ans. La situation est semblable au sein des cégeps, où une vingtaine d’établissements hausseront cette année encore ces frais de 20 $ en moyenne par étudiants.

En visite dans une école primaire de Montréal le 3 septembre dernier, le ministre Reid a affirmé que « l’effervescence qui nous anime tous à la rentrée des classes doit se poursuivre tout au long de l’année ». Le mouvement étudiant a bien reçu le message et entend élargir au maximum sa lutte contre les politiques des libéraux : « C’est sûr que ça ne se jouera pas seulement au sein du mouvement étudiant », affirme François Baillargeon.

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