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Finies les folies !
N° 222 - septembre 2003
Il faut défendre les acquis de la Révolution tranquille
Le président de la CSQ se prépare à l’affrontement
Pierre Dubuc
À peine élu président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) au mois de juin dernier, Réjean Parent prenait pour cible le gouvernement Charest et les premières mesures de son plan de réingénierie de l’État québécois. Lorsque nous l’avons rencontré, quelques mois plus tard, il dénonçait toujours « la psychose collective créée de toutes pièces avec le déficit théorique du rapport Breton sur les finances publiques au lendemain de l’élection ».

Le 37e congrès de la CSQ, qui s’est tenu à Québec du 26 au 30 juin dernier, a lancé un appel à la mobilisation contre le gouvernement Charest. À forte saveur socio-économique, le congrès a abordé les différents aspects de la mondialisation néolibérale, telles la déréglementation, la privatisation, la sous-traitance, et les impacts de ces politiques sur la société québécoise. « Notre congrès nous a outillés pour faire face aux intentions annoncées du nouveau gouvernement, déclare Réjean Parent. Nous nous sommes donné l’ossature d’un projet social ».

« Devant un gouvernement qui se déresponsabilise, il est du devoir du mouvement syndical de se porter à la défense des acquis de la Révolution tranquille, de préserver l’héritage social de nos parents, enchaîne-t-il. Nous devons préserver les services publics, le travail qui s’y fait et dont le personnel n’a pas à rougir. Il faut maintenir et élargir l’universalité et l’accessibilité des services publics. Cela ne se fait pas par un recours accru à la sous-traitance, mais au contraire par le maintien d’un plancher d’emplois et l’élargissement de la syndicalisation des employés », affirme-t-il en citant le cas des services de garde où le gouvernement a changé la loi pour nier aux travailleuses le droit de se syndiquer que venaient de leur reconnaître les tribunaux.

« Il ne faut pas que la tarification remplace la taxation », ajoute-t-il en faisant référence aux augmentations de tarifs prévus par Hydro-Québec pour rencontrer la demande du gouvernement qui exige 600 $ millions de plus en redevances de la société d’État. « La tarification est une mesure régressive qui frappe plus durement les classes démunies et la classe moyenne, alors que la taxation se doit d’être progressive ».

« Nous avons des filets de sécurité sociale, poursuit-il, qui expliquent que Montréal a un taux de criminalité plus bas qu’ailleurs et est une ville relativement sécuritaire. Il faut les préserver et en ajouter de nouveaux ».

Le personnel enseignant représentant la majorité des effectifs de la CSQ, il est clair que la défense de l’école publique constitue une préoccupation majeure de la centrale et de son président. Le congrès a dénoncé la restructuration en cours du réseau des écoles publiques sur la base de la compétition entre les écoles et entre les élèves avec la publication des palmarès des écoles, les projets sélectifs mis en place pour entrer en compétition avec l’école privée.

À l’approche des négociations du secteur public, Réjean Parent pense qu’on y retrouvera des enjeux majeurs. « Il y a, dit-il, bien entendu, des appétits salariaux tout à fait légitimes, mais aussi des revendications concernant la sous-traitance, l’impartition. Les revendications sont en cours d’élaboration, mais le thème de la conciliation travail-famille devrait être abordé, tout comme la santé du personnel du secteur public. La pression est de plus en plus forte sur les employés. Je pense qu’il faudrait un programme national d’aide au personnel. Mieux vaut chercher à maintenir notre monde en santé que d’avoir à le soigner, d’autant plus qu’il y a une explosion du coût des assurances. »

« Dans le secteur public, poursuit-il, un syndicat n’est pas un syndicat comme un autre. Ses revendications, son combat concernent le plus souvent l’ensemble de la population. Le syndicat devient un mouvement de contestation. Il faut donc bâtir le front uni le plus large possible, d’abord syndical, mais englobant aussi tout le mouvement populaire et communautaire. Notre mobilisation devra également dépasser les formes traditionnelles ».

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