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Finies les folies !
N° 222 - septembre 2003

L’alphabête
Stéphanie Beaupied, Pierre Dubuc et Gabriel Sainte-Marie
La réingénierie débute par un tour de passe-passe dans les garderies

Le gouvernement libéral est sur le point de réaliser un joyeux tour de passe-passe concernant les garderies à 5 $. Selon le gouvernement, les coûts reliés au service de garde seraient en croissance exponentielle et, à ce rythme, les contribuables seront prochainement étouffés par le programme des Centres pour la petite enfance (CPE). Allégation absolument fausse, selon la Coalition pour le maintien de l’universalité des services de garde qui démontre que le budget de la politique familiale du gouvernement a augmenté de moins de 1 % depuis 1993.

Le mémoire soumis par dix-neuf groupes de femmes et rédigé par l’économiste Ruth Rose professeur à l’Université du Québec à Montréal, prouve que les dépenses reliées aux CPE proviennent en fait du budget des anciennes allocations familiales. Selon l’économiste, « si l’on ajuste les chiffres de 1993 au coût de la vie, on voit que le montant total dépensé par le Québec pour les services de garde était de 3 milliards en 1993 et il est maintenant de 3,2 milliards pour 2003 ».

Ce n’est pas tout, la coalition pour le maintien des services de garde atteste que les chiffres présentés pour la consultation sont trompeurs. Ruth Rose nous explique que « le document du parti libéral ne parle pas des conséquences des différents scénarios qu’il propose ». Par exemple, un scénario du gouvernement est d’indexer les coûts des garderies en fonction des revenus. La Coalition qui défend les garderies à 5 $ prétend plutôt que cela aurait pour conséquence d’augmenter les tarifs des familles ayant un revenu inférieur à 28 000 $ par année. D’autre part, les autres scénarios proposés par le gouvernement cacheraient une hausse du tarif des CPE à 10 $, un genre de système d’utilisateur-payeur.

Il faut dire que les procédures obscures de cette consultation ont mis en doute la véritable volonté des ministres Claude Béchard et Carole Théberge d’entendre les divers représentants des associations. La Coalition pour le maintien de l’universalité des services de garde est outrée devant les Libéraux qui ont organisé, en plein été et en moins de deux semaines, des consultations « tronquées » sur le financement des services de garde. La Coalition accuse le gouvernement de se préoccuper uniquement de baisser les coûts des garderies afin de réaliser sa promesse électorale de diminuer les impôts. Et ces baisses vont bénéficier avant tout, selon Ruth Rose, aux familles ayant un revenu supérieur à 50 000 $.

Durant la consultation, tous les scénarios développés par le gouvernement ont été jugés «inéquitables» et rejetés par les intervenants. Les différents groupes proposent que les services de garde soient basés sur la solidarité sociale et inter-générationnelle au même titre que la santé et l’éducation. Durant les pourparlers, seule la FTQ a ouvert la porte aux scénarios des libéraux.

Welcome aux autobus de vieux Américains

Le mois dernier, contre toute attente, la Chambre des Représentants des États-Unis a adopté a légalisé le fait de réimporter du Canada des médicaments fabriqués aux États-Unis. Cela constituait un véritable pied-de-nez au lobby de l’industrie pharmaceutique dont le nombre de membres accrédités au Congrès américain dépasse le nombre de membres de la Chambre des représentants.

On doit donc s’attendre à voir au Canada de plus en plus d’autobus de personnes âgées des États-Unis venir faire leurs emplettes de médicaments. Le prix des médicaments n’étant pas réglementé chez nos voisins du sud, il est de plusieurs fois supérieur. Selon une étude du Congrès américain, les dépenses en médicaments pourraient représenter jusqu’à 25 % du revenu après impôts des personnes les plus pauvres. Rappelons que 44 millions d’Américains ne sont pas couverts par un régime d’assurance.

Selon Jilian Clare Cohen et Alan Cassels, deux professeurs de l’Université de Toronto, les compagnies d’assurances ont déjà commencé à prendre des mesures contre les pharmacies canadiennes qui vendent des médicaments aux Américains en direct ou par Internet. La compagnie GlaxoSimithKline de Grande-Bretagne a menacé de priver de médicaments les pharmacies canadiennes qui se prêtent à ce lucratif commerce transfrontalier. D’autres compagnies, comme Pfizer, lui emboîtent le pas.

La « réimportation » de médicaments sera, de toute évidence, un enjeu de la prochaine campagne électorale américaine et, déjà, les Canadiens sont accusés de ne pas payer les médicaments à leur « juste » prix. Il y a fort à parier que Washington, agissant au nom des compagnies pharmaceutiques multi-milliardaires, fera pression sur le gouvernement canadien pour qu’il permette des hausses appréciables du prix des médicaments.

Quel est le troisième producteur d’OGM ?

La population est inquiète de ne pouvoir identifier les produits contenant des organismes génétiquement modifiés, apprend-on. C’est du moins le résultat d’un sondage « secret » réalisé par le gouvernement fédéral. Ce dernier aura de grandes difficultés à maintenir sa réputation en agriculture puisqu’il est le troisième plus grand producteur d’OGM du monde. Les deux premiers étant respectivement les États-Unis et l’Argentine.

Bush a le nez bushé

Des milliers de centrales électriques, de vieilles usines et d’autres entreprises pollueuses pourront continuer paisiblement à polluer aux États-Unis. Par les nouvelles normes de l’ « Environmental Protection Agency », Bush n’exige plus que les 17 000 firmes visées par cette politique installent des systèmes contre la pollution lorsque vient le temps de changer leurs machines et infrastructures.

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