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Finies les folies !
N° 222 - septembre 2003
C’est pour quand, votre parti ? lui demande-t-on de plus en plus
Françoise David s’apprête à faire le grand saut
Paul Cliche
Dans le cadre du débat en cours parmi les membres du collectif D’abord solidaires sur l’avenir de ce groupe non partisan, qui a mené une campagne d’éducation populaire efficace autour des enjeux de la dernière campagne électorale québécoise, la principale porte-parole de ce dernier, Françoise David, vient de faire savoir qu’elle favorise personnellement l’action politique partisane. Elle préfère cette option à celle voulant que le collectif demeure un mouvement d’éducation politique non partisan qui ne s’allierait à aucun parti et n’aurait pas l’intention d’en construire un.

Invitée par le Centre de formation populaire dans le cadre de son Université populaire d’été 2003, l’ancienne présidente de la Fédération des femmes du Québec a déclaré, le 26 août, que l’heure était venue de bâtir « une alternative de gauche qui proposerait une vision politique globale d’un autre Québec possible, un projet capable de faire échec à celui de Jean Charest (…), une alternative politique rassembleuse, plurielle, représentative, qui pourrait s’implanter partout au Québec ».

Elle a précisé que plutôt qu’un programme ressemblant à un catalogue de revendications elle entrevoyait un manifeste proposant une vision sociale, économique et culturelle du Québec qui serait articulé autour de la notion du bien commun et s’inspirerait de valeurs comme la solidarité et la justice sociales, l’égalité entre les sexes et le respect des droits fondamentaux.

Elle a ajouté que cette alternative pourrait se bâtir avec l’Union des forces progressistes, le parti qui a été créé en 2002 dans le but d’unifier les forces politiques de gauche. « Je ne dis pas qu’il faille créer quelque chose à côté de l’UFP. Il y aura peut-être moyen de discuter », a-t-elle dit. Une participante lui ayant demandé ce qu’elle pensait de l’UFP, elle a répondu qu’il s’agissait d’une « initiative intéressante », mais qu’elle constatait que la jeune formation ne comptait pas beaucoup de femmes dans ses rangs.

Un autre porte-parole de D’abord solidaires, François Saillant, du FRAPRU, qui a participé au débat sur l’action politique tenu le 24 août dans le cadre des Journées d’étude annuelles d’Alternatives, a reproché pour sa part à l’UFP de ne pas avoir de « projet politique clair ». Il a précisé à ce sujet : « Un projet politique ce n’est pas seulement un catalogue des revendications de divers mouvements sociaux. Ça doit indiquer une direction ».

Mme David s’est aussi prononcée en faveur de la présentation de candidats de gauche aux prochaines élections municipales qui se dérouleront dans l’ensemble du Québec en novembre 2005. « On se pratiquerait pour dans quatre ans », a-t-elle alors commenté. Un Sommet des citoyens, où cette question sera à l’ordre du jour, doit d’ailleurs être tenu à Montréal en mars prochain. Il y aura certes d’autres réunions du même genre dans d’autres villes.

Françoise David semble ainsi avoir franchi une étape décisive dans le processus de réflexion personnelle concernant son avenir qu’elle a entreprise après avoir quitté la présidence de la Fédération des femmes il y a deux ans. Elle a dit qu’au cours des dernières vacances plusieurs personnes, démoralisées par la situation actuelle, l’avaient spontanément abordée pour l’inciter à se lancer en politique afin de mettre en place une alternative progressiste. « C’est pour quand votre parti ? », demandait-on.

Elle a cependant précisé qu’elle ne poserait aucun geste pour matérialiser son option avant le rassemblement que doit tenir D’abord solidaires, les 28, 29 et 30 novembre prochain, pour marquer la fin du processus de réflexion sur l’avenir de ce dernier. Devant les objections d’une militante qui insistait sur l’importance capitale de l’éducation politique, elle a dit qu’elle estimait qu’il y avait suffisamment d’organismes populaires, tels la Fédération des femmes, ATTAC, l’Union paysanne, l’Action boréale, le collectif Féminisme et démocratie (etc.) pour remplir cette mission essentielle.

Elle a souhaité que les mouvements sociaux développent un pensée politique plus « globale, radicale et subversive ». Qu’ils soient aussi plus solidaires en s’appuyant d’un secteur à l’autre (ex: le mouvement des femmes et celui des environnementalistes). Mais ces derniers doivent conserver leur indépendance vis-à-vis de tout parti politique quel qu’il soit, a-t-elle insisté. «Ils ne doivent pas s’y inféoder, ni s’y fondre, ni se vider de leurs militants pour le renforcer».

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