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Le mouton est mort ! Vive le cochon !
N° 221 - juillet 2003
Lorsque coopérative et théâtre ne font qu’un
Parminou : 30 ans de théâtre engagé
Stéphanie Beaupied
En 1973, le théâtre Parminou était une commune d’amis sortis du Conservatoire d’art dramatique du Québec. Ils voulaient changer le monde. Depuis, la troupe est devenue une coopérative de créateurs du théâtre. Sa mission est restée la même, celle de faire un théâtre d’éducation populaire engagé et accessible à tout le monde.

Le Parminou n’a pas perdu son pari. Avec ses cinquante membres actifs et ses quelques 300 représentations partout au Québec par année, le Parminou surprend ! Installé à Victoriaville depuis 1976 pour étendre la culture hors des grands centres urbains. C’est là où j’ai rencontré le coordonnateur de la coopérative de travailleurs de théâtre François Roux et l’équipe dynamique du Parminou !

Le théâtre qui va où il n’y en a pas !

Ils ont joué dans des endroits des plus inattendus…Prisons, réserves amérindiennes ou place publique de Fermont à Blanc-Sablon. Le Parminou s’évertue depuis trente ans à rendre son théâtre accessible. « Nous faisons un théâtre d’actualité presque journalistique. Nous traitons de sujets sérieux avec l’humour, mais toujours dans le but de stimuler la réflexion », explique François Roux.

La troupe jouit d’une « célébrité discrète » acquise au fil du temps en côtoyant tous les milieux. Le théâtre a 350 créations à son actif. « Nous travaillons avec des groupes communautaires, des institutions et même des compagnies font appel à nous. Mais la condition est d’avoir le contrôle total du contenu. Nous suivons toujours notre mission, celle de transformer la société ! », affirme François Roux. En osant déterrer des tabous, le Parminou parle de rapport hommes-femmes à des employés de la shop d’Alcan ou de féminisme à un groupe d’assureurs machos. « Cela les fait réfléchir », ajoute-t-il.

Un théâtre qui choque la clique

« Nous avons des préoccupations artistiques avec de petits moyens », explique François Roux. « Les comédiens font tout. Ils partent en tournée avec le matériel et s’occupent de monter les décors, mettent en scène, arrangent leurs costumes et parlent avec les gens sur place. C’est de la création en équipe. C’est un beau défi pour les jeunes comédiens, ils aiment cela ! Mais cela donne un type de théâtre moins esthétisé que le théâtre traditionnel, continue François Roux, cela est méprisé par une certaine classe théâtrale ». Malgré tout, des professionnels connus y ont fait leurs débuts comme Rémy Girard ou Sonia Vachon.

Les hauts et les bas d’une coopérative autogérée

Être membre d’une coopérative de travailleurs ne signifie pas seulement décider de ses propres horaires et posséder de bonnes conditions. Mais encore faut-il prendre des décisions efficaces pour le bon fonctionnement de la coopérative et en groupe ! En 1988, les assemblées du Parminou deviennent si laborieuses que la moitié des membres quittent l’équipe. « Nous avons dû inventer des stratégies pour améliorer le processus démocratique, avoue le coordonateur. Mais ces crises ont fait du Parminou ce qu’il y a de mieux. Nous nous préoccupons de transmettre les valeurs de l’esprit d’une coopérative aux nouveaux arrivants et de construire un climat de confiance quotidien. Il faut arriver à mobiliser les membres autour des idées entendues collectivement.»

Après trente ans de théâtre social engagé, le Parminou bat son plein. Prochain objectif, créer des liens internationaux entre les théâtres d’intervention du monde.

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