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Après le stade olympique, le mégahôpital
N° 205 - décembre 2001

GM ne s’en tirera pas aussi facilement
Pierre Dubuc
Les travailleurs de GM venaient à peine de recevoir l’appui du congrès de la FTQ qu’ils devaient immédiatement monter au front pour contrer dans l’opinion publique la campagne de désinformation entreprise par GM et les grands médias pour faire accepter la fermeture définitive de l’usine de Boisbriand.

Luc Desnoyers, le directeur québécois des TCA, n’en revenait pas de voir Mme Maureen Kempston-Darkes, la présidente de GM, se pavaner devant les caméras de télévision annonçant que son entreprise achèterait des pièces de la nouvelle usine de magnésium dont on vient d’annoncer la construction.

« C’est une centaine d’emplois. Faut quand même pas laisser croire que ça va remplacer les 1500 emplois directs et les 8000 emplois indirects qui seront perdus lorsque GM fermera l’usine de Boisbriand », de nous dire Luc Desnoyers.

Les TCA sont sur un pied de guerre. Ils veulent garder l’usine ouverte et éviter son démantèlement. « Nous savons que GM veut raser l’usine pour faire disparaître le plus tôt possible la mauvaise image qu’elle donne à GM », explique Luc Desnoyers.

« Mais l’objectif ultime, enchaîne-t-il, est d’empêcher la fermeture. Le Québec doit avoir sa juste part de la construction automobile. Après tout, nous achetons chaque année 400 000 véhicules neufs, ce qui représente un marché de 10 milliards $. De l’avis de tous, l’usine de Boisbriand est l’une des plus performantes. Pourquoi la fermer ? On parle de surproduction, mais il faut savoir qu’il s’est fabriqué chez GM l’an dernier 300 000 véhicules en temps supplémentaire, ce qui représente quatre fois la production actuelle de l’usine de Boisbriand. »

Une décision politique

La décision de fermer l’usine québécoise est éminemment politique. Se situe-t-elle dans une offensive économique pour mettre le Québec à genoux ? C’est évidemment difficile à prouver, mais nous avons tous vu récemment, lors de la visite du premier ministre Bernard Landry à Toronto, ce financier ontarien qui affirmait devant les caméras de télévision qu’il n’investirait jamais au Québec à cause de la « menace séparatiste ».

Les TCA ont décidé de cibler le premier ministre Chrétien dans cette bataille, mais n’excluent pas non plus des pressions sur Bernard Landry. « Il s’est impliqué au départ mais, depuis quelque temps, on ne l’entend plus », de dire Luc Desnoyers.

Une bataille de l’ensemble du mouvement syndical

Le directeur des TCA pense que la bataille contre la fermeture se gagnera par la solidarité syndicale et l’appui populaire. « Nous avons eu un appui unanime du congrès de la FTQ. De l’avis de plusieurs, ce fut le moment fort du congrès. Mais nous avons également besoin de l’appui des autres centrales. Marc Laviolette m’a promis l’appui de la CSN et nous allons contacter la CSQ, la Fédération des infirmières, le Syndicat des fonctionnaires, la CSD, etc. »

Le syndicat de GM et les TCA sont à préparer une caravane qui fera le tour de toutes les régions du Québec afin de sensibiliser l’ensemble de la population. « Il y aura aussi des actions spectaculaires, des actions plus musclées », nous promet Luc Desnoyers.

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