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Une ristourne de 1 145 075 $ à Alban D'Amours
N° 220 - juin 2003

Un visiteur qui brasse la cage
André Bouthillier
« 12 000 personnes sont décédées hier à cause de l’eau, 12 0000 sont encore décédées aujourd’hui et il y en aura encore 12 000 demain et vos médias n’en n’ont que pour la pneumonie atypique ».

Riccardo Petrella, professeur d’économie à l’université de Louvain (Belgique), qui, à l’invitation de l’Association québécoise pour un contrat mondial de l’eau, la Coalition Eau Secours! et la Table régionale des organismes en éducation populaire de Montréal (Trovep), discourait à l’événement « Eau Citoyenne » tenu à Montréal, le 26 mai 2003.

La décennie 90 a été une période de rêve pour les entreprises de l’eau, notamment françaises et allemandes. Elles ont raflé les contrats de privatisation de plus de cent grandes villes. Elles ont créé une oligarchie marchande et scientifique de l’eau qui ne s’embarrasse pas d’éthique. À titre d’exemple : l’ancienne directrice générale de l’Agence canadienne pour la coopération internationale (ACDI, organisme public intergouvernemental), membre depuis sa création du groupe « Partenariat mondial de l’eau » (organisme privé), en est devenue en 2001 la présidente. La même année, elle a été nommée présidente du conseil scientifique international de la multinationale Suez-Lyonnaise des eaux…

L’image des multinationales se ternit

On leur reproche de ne pas avoir réalisé les investissements promis, d’augmenter les prix à la moindre baisse de profits…notamment en Algérie, en Afrique du Sud, au Ghana, au Nigeria, en Argentine, en Bolivie, et même aux États-Unis, à Atlanta. En 2003, des milliers de contrats de l’eau vont être rediscutés en France.

Tableau : Le coût du traitement de l’eau

Et pourquoi un oligopole privé, dont le but premier est de faire des profits ou capter la rente, en accaparerait-il moins qu’un monopole public ?

La démonstration contraire a été faite en France, dans le berceau du modèle. En moyenne, les prix sont « plus élevés quand la gestion est privée que quand elle est publique », relève une étude du ministère de l’Environnement de France : « L’écart de prix entre affermage et régie directe est de 27 % pour l’eau potable et 20 % pour l’assainissement. Entre les communes entièrement en régie communale et celles entièrement en affermage intercommunal, l’écart atteint 44 %. ». Dans ce contexte, les usagers risquent fort de se mobiliser pour que l’eau redevienne un bien géré par des services publics. Ce mouvement ne cesse de prendre de l’importance en Grande-Bretagne, en Belgique, en Italie et au Québec.

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