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Une ristourne de 1 145 075 $ à Alban D'Amours
N° 220 - juin 2003
Grandes messes de l’eau
« Flip » à Florence « Flop » à Kyoto
André Bouthillier
En mars 2003, se tenaient presque simultanément deux grandes messes de l’eau. L’une regroupant l’oligarchie commerciale de l’eau, et l’autre, des groupes écologistes et sociaux.

À Kyoto, la chambre de commerce des multinationales de l’eau a reçu une douche d’eau froide. « On a pas l’impression d’avoir avancé », a commenté Attaher Ag Mohamed, conseiller technique chargé de l’eau au Mali. Constat amer. Une seule percée, obtenue par l’Unesco, qui consiste en la création d’un organe de coopération pour régler les querelles sur l’eau entre pays, les fleuves-frontières étant souvent sources de conflits. Nous avons au Canada un organisme qui fait ce travail depuis 1909 et qui se nomme la Commission mixte internationale (USA-CANADA).

À Florence, le contre-forum de l’eau, organisé à l’initiative des ONG (organisations non gouvernementales) et des altermondialistes, dont l’Association pour un contrat mondial de l’eau a accouché d’un programme d’action pour l’installation de l’eau potable dans sept pays africains. Ce programme devrait être financé par une vingtaine d’ONG italiennes au coût de 352 865 $. Ne pourrait-on pas en faire autant ici ?

De l’eau ou des tuyaux

Contrairement à ce que plusieurs imaginent, ces colloques ne sont pas inutiles puisqu’ils nous permettent de peaufiner notre vision de la situation mondiale. Nous savions que des onze pays où les citoyens manquent le plus d’eau, aucun n’en demande au Canada. Ce sont plutôt des promoteurs et des firmes d’ingénierie qui voudraient transférer l’eau canadienne vers les plus grands gaspilleurs d’eau du monde, les États-Unis. Nous apprenons que les spécialistes mondiaux confirment que la planète n’est pas menacée par une pénurie d’eau, mais par un manque de tuyaux…

Économiser l’eau dans les pays riches, malgré que ce soit souhaitable, n’aidera en rien les pays du tiers-monde qui souffrent d’une eau trop malsaine ou située à de trop grandes profondeurs pour que les citoyens et citoyennes puissent y avoir accès sans des investissements qui dépassent la capacité de leur bourse. L’espoir, affirment les spécialistes, se trouve uniquement dans les ressources aquatiques locales qui souvent méritent d’être économisées, en particulier dans les usages agricoles qui mobilisent les plus grandes disponibilités d’eau douce dans le monde.

Pour Riccardo Petrella, conseiller à la Commission européenne, « il faut établir un système fiscal mondial au service de l’ensemble de biens publics qui doivent être considérés comme mondiaux : santé, éducation, eau…. Un budget mondial de l’eau qui pourrait ainsi être alimenté via la collecte d’impôts régionaux. Pourquoi ne pas imaginer une taxe sur la vente des eaux minérales ou encore la production d’énergie électrique à partir de centrales hydrauliques ? »

Repères

Les ressources en eau

L’eau recouvre 70 % de la surface de la planète. Quelque 97,5 % de ce volume sont constitués d’eau salée. Si l’on déduit les glaciers, l’humanité compte sur 0,025 % (32 milliards de mètres cubes) du volume total des eaux douces !

Accessibilité

Au cours du dernier siècle, la population mondiale a triplé et la consommation humaine d’eau a été multipliée par six. On estime généralement que 1,4 milliard d’habitants n’ont pas accès à l’eau potable et que 2,5 milliards (80 % en Asie) sont privés d’une infrastructure sanitaire. La pénurie affecte au quotidien 250 millions de personnes dans 26 pays.

Pollution

Environ deux millions de tonnes de déchets sont déversés, chaque jour, dans les fleuves, lacs et rivières. Un litre d’eau usée pollue environ huit litres d’eau douce.

Note au lecteur : Afin de faciliter la lecture, les références précises n’apparaissent pas dans le texte. Elles proviennent des agences de presse internationales, d’organismes onusiens et du site de référence d’Eau Secours! - La Coalition québécoise pour une gestion responsable de l’eau à : www.eausecours.org

1. Les instances onusiennes débattent présentement du chiffre. Il y a entre 12 000 et 30 000 personnes qui décèdent de l’eau malsaine ou de l’absence d’eau dans le monde chaque jour.

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