L'aut'journal
Le lundi 27 mai 2019
édition web
L'aut'journal
archives
Retourner à L'Aut'Journal au
jour le jour

Recherche
accueil > l’aut’journal > archives > sommaire > article
Une ristourne de 1 145 075 $ à Alban D'Amours
N° 220 - juin 2003

Gil Courtemanche et le retour du NPD
Pierre Dubuc
Une conséquence prévisible de la défaite électorale du Parti québécois est une offensive fédéraliste contre le Bloc québécois. On questionnera sa raison d’être. Déjà, les commentateurs de la presse fédéraliste en font leurs choux gras.

Par quoi remplacer le Bloc ? Par le NPD évidemment. Le nouveau chef James Layton, qui est originaire de la ville de Hudson, est de plus en plus présent au Québec. À défaut d’avoir une véritable base francophone au Québec, le NPD lorgne du côté de l’Union des forces progressistes (UFP). Il n’est pas inutile de rappeler que l’une des composantes principales de l’UFP est le Parti de la Démocratie socialiste, l’ancien NPD-Québec.

La question nationale pose bien entendu problème au NPD. La solution, selon certains, est de ne pas en tenir compte ! C’est le raisonnement de Gil Courtemanche dans son dernier livre La Seconde Révolution tranquille, démocratiser la démocratie publié chez Boréal

Selon Courtemanche, « la question nationale a tué le PQ progressiste ». Il affirme également que l’objectif de « l’indépendance autrement » proposé par l’UFP « condamne aussi cette gauche à la marginalité permanente ».

« Cette obsession, renchérit-il, coupe aussi l’UFP d’une très grande partie de la société québécoise qui a défendu longtemps des valeurs de gauche » et il énumère les anglophones pacifistes, les Grecs, les Portugais et « les non-indépendantistes francophones qui militent pour le progrès », un groupe dont il fait manifestement partie.

« Pour qu’une gauche émerge au Québec, ajoute Courtemanche, il faut nous recentrer sur le quotidien, le concret, l’immédiat, le gérable et le réalisable ». Il faut s’identifier, selon lui, à l’environnement immédiat, au quartier, à la ville car « cette identification ne se fait par le biais d’aucun prisme idéologique ; elle est pure et primaire, puisque le choix de cette collectivité ne nous est pas donné. »

Aucun prisme idéologique ? Vraiment ? J’ai hâte de voir comment Courtemanche va se brancher dans le débat sur les défusions ! Il sera question « d’environnement immédiat, de quartier et de ville », mais aussi d’inégalités entre les classes sociales et les groupes ethniques.

Nous venons au monde homme ou femme, membre d’une classe sociale et d’une nation. Ce n’est pas neutre. Courtemanche pense au contraire que nous sortons de la cuisse de Jupiter en tant qu’individu neutre, sans idéologie, qui décide par la suite de s’unir à d’autres personnes pour organiser la société.

Il postule même qu’il en était ainsi des hommes primitifs. « Si on y réfléchit bien, la différence n’est pas énorme entre ces hommes primitifs désarçonnés par leur environnement et les citoyens d’aujourd’hui. Nous sommes retombés dans l’isolement individuel de la préhistoire. »

Étonnante affirmation qui va à l’encontre de toutes les données de l’anthropologie. L’homme est d’abord un animal social. On ne peut concevoir l’homme primitif sans le groupe, la société. Courtemanche imagine la préhistoire sur le modèle de Robinson Crusoé !

Courtemanche prétend lutter contre le néolibéralisme, mais son postulat de base sur l’homme et la société est néolibéral ! Il veut démocratiser la démocratie, mais raye au départ la question nationale des questions démocratiques !

Il n’est pas le premier dans l’histoire à vouloir biffer la question nationale au nom des droits individuels enveloppés dans un discours de gauche. Son plus illustre prédécesseur s’appelait Pierre-Elliott Trudeau.

Retour à la page précédente

Partager cet article Imprimer cet article


 


Réseau Média
© l'aut'journal 2002
 
l'aut'journal sur le web
L'aut'journal sur le Web a
été réalisé par Logiweb.