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Une ristourne de 1 145 075 $ à Alban D'Amours
N° 220 - juin 2003

Le mouvement syndical et les négos du secteur public
Marc Laviolette
Dans un contexte de mondialisation néo-libérale, une des caractéristiques des gouvernements de droite, c’est de faire ce qu’ils disent qu’ils vont faire. Ce n’est pas parce que Mario Dumont et l’A.D.Q. n’ont réussi à faire élire que quatre députés et récolté 18,24 % des votes que les idées de droite, du tout au marché, de la déréglementation, de la réduction du rôle de l’État, de l’introduction de « plus de privé » dans nos réseaux publics, ont été battues en brèche au Québec.

Au contraire, Jean Charest et les libéraux se sont drapés de ce mandat de changement que véhiculait l’A.D.Q. C’est pourquoi Jean Charest clamait haut et fort, dans les jours qui ont suivi son élection, que les Québécois allaient assister à « la plus grande ré-ingénierie de l’État depuis la révolution tranquille ».

Au début juin, le discours inaugural et le budget du Québec donneront l’ampleur de ce qui attend les Québécois. N’oublions pas que c’est en début de mandat qu’un gouvernement nouvellement élu procède à ses réformes les moins populaires. Les éléments de ré-ingénierie de l’État annoncés jusqu’ici nous promettent un gel des dépenses de toutes les fonctions de l’État (ce qui équivaut à des compressions de 10 %) sauf dans la santé et l’éducation où les dépenses augmenteront de 5,1 % par année en santé et de 2,5 % pour l’éducation.

En santé, ces augmentations couvrent à peine les coûts de système et l’inflation. Ce qui n’est pas le cas en éducation. À titre de comparaison, de 1998 à 2002, la croissance moyenne des dépenses a été de 6,6 % en santé et 3 % en éducation.

En réalité, la promesse libérale – nous verrons lors du dépôt du budget – injecte moins d’argent en santé et en éducation que durant les quatre dernières années.

Le tout sur un fond de prévision de croissance économique plus faible qu’initialement anticipée (3,1 % de croissance du P.I.B. au lieu de 3,5 %), une « impasse budgétaire » de 4,3 milliards identifiée par l’ex-vérificateur général M. Breton et une promesse de baisse des impôts d’un milliard par année sur cinq ans, à compter de l’an prochain.

L’importance du secteur public

Au Québec, le secteur public représente 20 % de la main-d’œuvre et est syndiqué à près de 80 %. Il va sans dire que les résultats de cette négociation influencent grandement la façon dont sont dispensés les services publics et les tendances du marché du travail.

La ronde de négociations 1998-2002 avait permis aux travailleuses et travailleurs de ce secteur de retrouver le droit de négocier, d’améliorer leur régime de retraite, d’obtenir un léger enrichissement et de mener une offensive pour faire reculer la précarité dans les réseaux.

En février 2002, l’intersyndicale convenait avec le gouvernement de prolonger d’un an (jusqu’en juin 2003) la convention collective et d’une augmentation de salaire de 2 %. Le but : conclure les travaux d’équité salariale et solutionner les engagements du gouvernement à l’égard du financement du régime de retraite (la dette du gouvernement au titre des régimes de retraites est de 34,4 milliards de dollars.)

À 30 jours de l’échéance de cette prolongation, le gouvernement n’a toujours pas fait de proposition pécuniaire pour régler l’équité salariale, les négociations sur les engagements gouvernementaux dans les régimes de retraites ont été interrompues par les élections et l’inflation risque de tourner autour de 3 %, soufflant du même coup l’enrichissement de la dernière ronde de négociations.

Il est à espérer que les discussions du dernier droit porteront fruit, sinon l’intersyndicale se retrouvera dans une fâcheuse position face à ses membres et le mouvement de mobilisation risque d’être douloureux. L’équité salariale doit se régler maintenant !

Les enjeux

• Modification de l’article 45 pour permettre de sous-contracter des services au privé, fusions des accréditations syndicales dans la santé, rendements négatifs dans nos fonds de pension, salaires plus bas que dans le privé, déséquilibre fiscal qui handicape sérieusement le financement des services publics.

• Telles sont les « invasions barbares » qui s’exercent déjà sur la prochaine ronde de négociations du secteur public.

• Pour y faire face l’ensemble des organisations syndicales du secteur public devraient s’unir :

• Autour de la préservation du caractère public de nos services et réseaux de santé et d’éducation.

• Trouver solutions autour des problèmes de rétention et pénurie de main-d’œuvre.

• Maintenir l’accès à une retraite décente.

• Améliorer le pouvoir d’achat des membres.

Les travailleuses et travailleurs du secteur public auront un rôle clef à jouer lors de cette prochaine ronde de négociations pour le maintien et le développement d’une meilleure justice sociale pour le Québec. Appuyons-les !

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