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Une ristourne de 1 145 075 $ à Alban D'Amours
N° 220 - juin 2003

Jeux de coulisse pour un règlement
Pierre Dubuc
Yves Lalonde reconnaît qu’il y a beaucoup de jeux de coulisses pour arracher un règlement dans le conflit chez Vidéotron. Il rend particulièrement hommage à Henri Massé, qui aurait utilisé ses multiples chapeaux dans cette bataille. Au premier chef, celui de président de la FTQ, mais également celui de président du Fonds de solidarité, de membre du Conseil d’administration de la Caisse de dépôt et, sans doute, d’autres plus informels, mais fort pertinents à l’approche des élections.

Dans son livre Kings of Convergence, The Fight for Control of Canada’s Media (Doubleday, 2003), le journaliste Gordon Pitts raconte que l’idée de la vente de Vidéotron s’est d’abord discutée au conseil d’administration de la Banque Toronto-Dominion où siégeaient côté à côte deux barons de la câblo-distribution : Ted Rogers et André Chagnon.

Chagnon croyait impossible de soutenir la concurrence nouvelle de la géante BCE et de ses systèmes de satellite Bell Express Vu et Internet haute vitesse. Il soupçonnait Bell de subventionner ces nouvelles activités par ses profits dans la téléphonie.

Au même moment, Pierre Karl Péladeau examinait la possibilité d’acquérir Vidéotron pour jumeler son Internet haute vitesse avec le nouveau portail Canoe (abréviation de Canadian Online Explorer) qu’il venait d’acquérir avec les journaux Sun.

On connaît la suite. Lorsque Rogers Communication offre 5,6 milliards pour Vidéotron, la Caisse de dépôt utilise son droit de veto et fait une contre-offre avec Quebecor. Elle sera acceptée le 11 septembre 2000 après bien des péripéties politico-financières, Bay Street accusant Quebecor et la Caisse de complot nationaliste.

Avec son magot, André Chagnon a créé la plus riche fondation familiale du Canada avec une dotation de 1,4 milliard $. Une belle arnaque de la part d’un bonhomme qui a créé Vidéotron avec un investissement initial de 100 000 $ et l’a développé essentiellement avec l’aide de la Caisse de dépôt qui, elle, a dû rayer plus d’un milliard dans l’aventure Quebecor-Vidétron.

Rivalités devant les caméras, ententes en sous-main

Le conflit chez Vidétron a montré que, derrière leurs rivalités, les entreprises pouvaient s’entendre comme larrons en foire contre leurs employés. Vidétron a vendu ses employés à la compagnie Entourage, propriété d’Adrien Pouliot, dont la famille contrôlait le diffuseur CFCF, aujourd’hui propriété de Bell. Bien plus, Bell est propriétaire à 25 % de Entourage ! Comme quoi, Quebecor ne craint pas de s’associer à son ennemi numéro un quand il s’agit de plumer ses employés.

De même, l’arrivée de Lucien Bouchard comme chef négociateur de Vidéotron avait de quoi étonner. Bouchard est membre du conseil d’administration du Groupe Transcontinental, le principal concurrent de Quebecor dans le domaine de l’imprimerie !

Sans doute que l’arrivée de Bouchard était le signal demandé par les milieux financiers pour ne pas perdre confiance dans le titre de Quebecor qui était alors malmené sur les marchés boursiers. D’ailleurs, Yves Lalonde confirme que c’est à partir de ce moment-là que Pierre Karl Péladeau a finalement accepté de négocier.

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