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Une ristourne de 1 145 075 $ à Alban D'Amours
N° 220 - juin 2003

Un « remake » de la situation argentine
Michel Chossudovsky
Le nouveau président de la Banque centrale du Brésil, Henrique Meirelles, était un ardent supporteur du controversé ministre des Finances argentin, Domingo Cavallo. Celui-là même qui, sous le gouvernement Menem, a mené le pays à une profonde crise économique et sociale.

Dans une entrevue accordée en 1998 à Latin Finance, Meirelles déclarait que « l’événement le plus important en Amérique latine a été le plan de stabilisation de Domingo Cavallo en Argentine. L’approche était différente. Ce n’était pas un contrôle des prix ou un contrôle des flux monéraires. C’était un contrôle de l’émission de monnaie et des finances du gouvernement. »

Ce soi-disant « contrôle de l’émission de la monnaie » auquel se réfère Meirelles signifie, essentiellement, le gel du crédit aux entreprises locales, ce qui a conduit à l’effondrement de l’activité productive.

Les résultats ont été probants : une kyrielle de faillites, le chômage et la pauvreté. Succombant aux politiques du ministre des Finances Cavallo au cours des années 1990, la plupart des banques nationales et provinciales, qui étaient sous contrôle étatique et qui accordaient des prêts à l’industrie et à l’agriculture, ont été vendues à des banques étrangères. La Citibank et la Fleet Bank of Boston ont été les bénéficiaires de réformes promues par le FMI.

Domingo Cavallo a été l’architecte de la « dollarisation ». Agissant sous les ordres de Wall Street, il a lié la valeur du peso à celle du dollar. La Banque centrale est devenue une simple caisse d’émission de la monnaie (currency board), de caractère nettement colonial. Il en est résulté l’augmentation en spirale de la dette extérieure et la cassure de tout le système monétaire.

Cette décomposition des structures monétaires du pays menée par le ministre Cavallo fut promue activement par Wall Street et, plus particulièrement, par Citigroup et la Fleet Bank.

Avec la caisse d’émission (currency board), la création de monnaie est sous le contrôle des créanciers étrangers. La Banque centrale n’existe virtuellement plus. Le gouvernement ne peut procéder à aucun investissement domestique sans l’approbation des créanciers étrangers. La Réserve fédérale états-unienne prend le contrôle de l’émission de la monnaie. Le crédit peut être accordé aux producteurs nationaux uniquement par l’augmentation de la dette extérieure, libellée en dollar.

Quand la crise a atteint son sommet en Argentine en 2001, les principales banques créditrices ont siphonné des milliards de dollars hors du pays. Une enquête a établi, en 2003, non seulement la responsabilité du ministre Domingo Cavallo, mais également celle de plusieurs banques étrangères, y inclus Citibank et la Boston Fleet, dont Henrique Mereilles était alors le président.

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