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Une ristourne de 1 145 075 $ à Alban D'Amours
N° 220 - juin 2003

Beaucoup plus pauvres que le portrait de Statistique Canada
Pierre Dubuc
La publication des données de Statistique Canada sur la répartition des revenus a été l’occasion de présenter un tableau « positif » de la société canadienne. Au-delà de l’inévitable « les riches sont plus riches », tous les commentateurs ont trouvé matière à réjouissances en pointant ici l’amélioration du sort des pauvres, là des familles monoparentales, ou encore des personnes âgées. Mais, ces statistiques, ne tenant compte que des revenus et non de la richesse totale des familles, présentent un portrait fort tronqué de la situation

Par exemple, le revenu combiné des familles canadiennes formant le 10 % des familles ayant les revenus les plus élevés représentait, selon les récentes données de Statistique Canada, 28 % des revenus familiaux totaux.

Mais, si au lieu de considérer les revenus, on comptabilisait la richesse de ces mêmes familles, en tenant compte des actifs et des dettes, on arrive à des résultats fort différents. Ainsi, 10 % des familles les plus riches du pays possédaient 53 % de la richesse.

De même, à l’autre bout du spectre, les 10 % des familles ayant les revenus les plus faibles constituent moins de 2 % de tous les revenus familiaux. Mais, selon le critère de la richesse, les 10 % les plus pauvres avaient plus de dettes que d’actifs ! Leur « richesse » était négative ! Ils avaient en moyenne 10 656 $ de dettes.

Ces données sur la richesse sont tirées d’une importante étude de Steven Kerstetter intitulée Rags and Riches : Wealth Inequality in Canada, réalisée pour le Centre canadien de politiques alternatives.

Selon cette étude, si on divise le nombre d’unités familiales en deux groupes égaux, on se rend compte que les 50 % les plus riches contrôlent 94,4 % de la richesse, ce qui ne laisse qu’un maigre 5,6 % de la richesse à l’autre moitié de la population du « plusse meilleur pays au monde ».

Le Québec, 30 % plus pauvre!

L’étude révèle également un incroyable écart de richesse entre le Québec et le Canada anglais. La richesse moyenne au Québec s’établit à 155 198 $ par famille. Elle ne représente que 70 % de la richesse du Canada anglais. Avec 25,5 % des unités familiales, le Québec ne possède que 19,5 % de la richesse totale au Canada.

Au Québec, plus de 36,7% des familles ont des actifs inférieurs à 30 000 $ par année. Les 50 % les plus pauvres de la population ne possèdent que 5,3 % de la richesse, contre 94,7 % pour les 50 % les plus riches. Les 10 % les plus riches contrôlent 55,8 % des actifs.

Il aurait été intéressant de savoir comment cette richesse se répartit entre francophones et anglophones. Ces derniers étant historiquement plus riches, l’écart entre le Québec francophone et le Canada anglais est sans doute supérieur à 30 %. Cependant, la recherche ne ventile pas les données selon la langue.

Le plus bas taux de propriétaire

Au Canada, 60 % des familles sont propriétaires de leur résidence. Au Québec, seulement 55 % des familles sont propriétaires. C’est le plus bas taux de toutes les régions du Canada. Évidemment, la propriété est liée aux revenus. Ainsi, seulement 22 % des 40 % de familles les plus pauvres sont propriétaires. La faiblesse des revenus fait également en sorte que, même dans le troisième quintile de la population (le 20 % du milieu), on ne retrouve que 71 % de propriétaires, soit le taux le plus bas de toutes les régions du Canada.

Que le coût du logement ou du transport en commun à Montréal soit inférieur aux autres grandes villes canadiennes, c’est la moindre des choses. Nous sommes beaucoup plus pauvres !

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