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Une ristourne de 1 145 075 $ à Alban D'Amours
N° 220 - juin 2003

Les médias déjà tannés de la crise du logement
Stéphanie Beaupied
La date fatidique du 1er juillet arrive. Des centaines de locataires québécois devront errer d’amis en parents, des hôtels au Dunkin Donuts ou encore de la voiture à la Maison du père. Selon François Saillant du FRAPRU (Front d’action populaire en réaménagement urbain), la crise du logement en 2003 sera bien pire que l’année dernière. Elle accumule les effets des années précédentes pas seulement à Montréal, mais aussi à Québec, à Gatineau et en en banlieue de Montréal.

Il y a déjà des gens sans logis depuis l’an dernier ou bien qui le sont devenus au cours de l’année parce qu’il se sont fait évincer, nous explique François Saillant. Au FRAPRU, on voit un effet d’usure des solutions pour les familles sans logement, elles n’ont plus de place où aller ».

Saillant explique qu’un cercle vicieux se met en place. « Des gens se sont endettés parce qu’ils ont été obligés de prendre un logement trop cher, il sont ensuite évincés parce qu’ils ne paient pas leur loyer ».

Sur le terrain, les membres du FRAPRU sont témoins d’une hausse du phénomène de l’itinérance, « particulièrement chez les personnes âgées, fait remarquer Saillant, car la ville de Montréal ne prend en charge que les personnes avec enfants. D’autres se font retirer leurs enfants par la DPJ, car ils n’ont plus de logement ».

« L’an dernier, autour du 1er juin, nous avions au FRAPRU dix appels par semaine de familles qui prévoyaient être sans logis au 1er juillet. Cette année, explique-t-il, dès le 1er mai, nous avons atteint le cap de vingt appels par semaine ». Cela en dit long sur l’ampleur que prendra la crise du logement en 2003.

Êtes-vous une personne à risque ?

La crise du logement touche surtout les personnes à faible revenu. « Cependant, les propriétaires sont tellement exigeants lors de la sélection de locataires que les familles de plus de deux enfants et même les couples avec un enfant ont de la difficulté à louer un logement », constate Saillant.

« Il est indéniable, ajoute-t-il, qu’avec la hausse du coût des loyers et l’absence de nouveaux logements sociaux, même les gens de la classe moyenne sont touchés. Durant les deux dernières années, il y a eu une hausse de 10 % du montant des loyers ».

L’attitude médiatique

Il faut déplorer l’attitude des médias face à la crise du logement. Cette année, on nous martèle que Montréal ne fait que rattraper les autres grandes villes nord-américaines en termes de coût du loyer. Après tout, selon les médias, Montréal n’est-elle pas la ville où les loyers sont les moins élevés comparativement à Toronto et New York ? Et voilà, la question est réglée !

François Saillant remarque que « l’on assiste à une banalisation de la crise du logement, un espèce d’effet backlash. Dans les médias, on laisse croire qu’en favorisant le marché et le privé, la crise va se régler. Mais on sait très bien que la crise du logement ne se régularisera pas toute seule ».

Pour le FRAPRU, la vraie solution réside dans la construction de logements sociaux et ce n’est certes pas le privé qui va le faire Saillant ajoute que le fédéral porte une grande responsabilité dans la crise du logement. « Depuis 1994, le gouvernement fédéral s’est retiré des logements sociaux. Il y en aurait 40 000 de plus si les subventions n’avaient pas cessé, ce qui comblerait amplement nos besoins actuels en logements sociaux qu’on estime à 20 000 ».

Méfiez-vous des statistiques !

Selon les dernières données du recensement de 2001, il y aurait moins de ménages québécois qui alloueraient moins de 50 % de leur revenu au coût du loyer. François Saillant nous met en garde face à ces chiffres « qui proviennent des revenus de l’année 2000, avant que les effets de la crise se fassent sentir ».

En 2001, les conséquences de la crise du logement sont apparues. Au FRAPRU, on constatait une baisse du nombre de logements disponibles, une augmentation de la discrimination lors de la location, une hausse des reprises de logements par le propriétaire et une hausse du non-paiement des loyers.

François Saillant soutient « qu’il ne faut tout de même pas se réjouir de cette statistique qui nous dit que 17,6 % des ménages québécois dépensent plus de 50 % de leur revenu pour le seul paiement de leur loyer, cela représente 218 000 familles ».

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