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Québec : on vote pas ! Parti des abstentionnistes.
N° 219 - mai 2003

Madeleine Parent et la canadianisation des syndicats américains
Pierre Dubuc
Militante étudiante, puis syndicaliste et féministe, ces différentes facettes sont traitées dans ce recueil de textes d’allocutions présentées au colloque « Madeleine Parent, ses luttes et ses engagements » tenu le 10 mars 2001. Mais ce qui m'a surtout frappé à leur lecture, c'est l'importance du combat mené par Madeleine Parent contre les « unions internationales » au Québec, en Ontario et dans les provinces maritimes. Cela l'a amenée, avec son compagnon Kent Rowley, à créer la Confédération des syndicats canadiens, une centrale syndicale, petite mais influente. John Lang en tire des leçons qui sont toujours d'actualité. Extrait :

Sans prétendre être impartial, je considère la formation de la Confédération des syndicats canadiens comme un coup de génie de la part de Kent Rowley et de Madeleine Parent. Il leur a fallu un énorme courage, car plusieurs de leurs anciens compagnons et compagnes de route dénigraient leur projet.

Leur position témoignait toutefois d’une juste évaluation des forces et des enjeux politiques en place ainsi qu’une confiance inébranlable dans les ouvriers et les ouvrières du Canada. Ce grand défi s’est avéré un succès. En un quart de siècle, le mouvement ouvrier canadien s’est transformé selon les principes d’un syndicalisme national mis de l’avant par la CSC, qui a servi de catalyseur. Sans être imputable uniquement à la centrale canadienne, cette transformation lui doit énormément.

Hier, 70 % adhéraient à des syndicats américains; aujourd’hui, 70 % à des syndicats canadiens

Les changements survenus dans la composition du mouvement syndical témoignent en effet du rôle joué par la CSC. Avant la fondation de la CSC, 70% des syndiqués canadiens et québécois adhéraient à des organisations basées aux États-Unis. Aujourd’hui, 70 % appartiennent à des syndicats canadiens.

Plus révélateur que les statistiques est le renversement d’attitude des membres. Jusque dans les années 1960, on acceptait comme un article de foi l’idée que les travailleuses et travailleurs canadiens n’auraient jamais pu s’organiser sans les syndicats internationaux. On croyait généralement que les syndicats canadiens ne pouvaient pas gagner de grèves sans l’appui des quartiers généraux américains et qu’ils n’existaient que grâce à l’aide financière des Américains.

Toutes ces affirmations étaient autant de mythes, néanmoins colportés par des universitaires, par des journalistes et aussi, malheureusement, par plusieurs syndicalistes. De leur côté, les centrales américaines prétendaient subventionner leurs membres du Canada même après que la Loi sur les déclarations des personnes morales et des syndicats eut démontré que des centaines de millions de dollars provenant des frais d’adhésion des travailleurs canadiens avaient été détournés vers les États-Unis.

La formation d’une centrale syndicale indépendante contredisait ces idées reçues et, en proposant un modèle syndical alternatif, jouait un rôle critique pour saper l’hégémonie américaine et pour donner une nouvelle orientation au mouvement ouvrier canadien.

Madeleine Parent, militante. Sous la direction d’Andrée Lévesque. Les éditions du Remue-ménage. 2003. 126 pages.

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