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N° 219 - mai 2003
Livre : Pour une langue française non sexiste
Le grammair français
Ginette Leroux
« La raison ne veut pas, plus que la langue française, qu’une femme soit auteur : ce titre, sous toutes ses acceptions, est le propre de l’homme seul ». Cet extrait de Benoîte Groulx, porte d’entrée de Pour une langue française non sexiste de Céline Labrosse, résume efficacement les propos de celle qui persiste et signe avec l’aplomb d’une convaincue cet ouvrage étayé d’une documentation exhaustive. Une fois de plus, après Soit dites en passant, Chronique sur le sexisme dans la langue, paru en 1990, suivi de Pour une grammaire non sexiste en 1996.

L’auteur propose un large éventail de questionnements sur les liens entre la langue et différents domaines de connaissance. En cela, elle affirme que « le langage n’est pas neutre ». Par exemple, pour illustrer le lien entre langue et société, elle ramène le lecteur au Moyen-Âge et rappelle que les métiers féminins de cette époque comportaient une large panoplie de termes propres aux femmes. « … fileuse, maréchale-ferrante, barbière, pelletière, tavernière, usurière, etc. » conféraient aux membres féminins de cette société non seulement un statut important, mais une reconnaissance assurée sur la place publique. Les femmes n’étaient « ni maîtresses ni servantes, mais compagnes (au sens d’associées) ». L’auteur démontre que le langage moderne a évolué à contresens de l’époque féodale.

Ainsi, en société, en politique comme en grammaire, le masculin l’emporte sur le féminin ! Dans toutes les sphères de la vie quotidienne, nous explique la docteure en linguistique. Plusieurs anecdotes, dont la suivante, illustrent avec justesse ces anachronismes. Roger voulait devenir « hôtesse de l’air ». Il en avait toutes les qualités et les qualifications, sauf qu’il était un homme. Qu’à cela ne tienne ! Il sera agent de bord.

Effectivement, des hommes ayant investi des postes antérieurement dévolus aux femmes, il était à prévoir que « l’arrivée de deux titres masculins a amené le nom féminin d’origine à prendre un autre envol : les hôtesses de l’air et les femmes de chambre sont aujourd’hui renommées agentes de bord et préposées aux chambres ».

Cet essai est un plaisir à lire. Il contient des éléments de réflexion qui toucheront particulièrement les enseignantes et les enseignants pour qui la langue est le véhicule de transmission de toutes les matières. Aussi, il sera apprécié par plusieurs pour les solutions proposées par Céline Labrosse à la « désexisation et à la simplification de la langue française ».

Pour une langue française non sexiste , Céline Labrosse, Les Éditions des Intouchables, (essai), 2002

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