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Québec : on vote pas ! Parti des abstentionnistes.
N° 219 - mai 2003

Que réserve l’avenir aux syndicats ?
Marc Laviolette
Plusieurs militants et militantes du monde syndical pensent spontanément qu’il est plus facile, à cause de la question nationale et des liens entre les libéraux et le patronat, de mobiliser les troupes contre ce parti traditionnel. L’histoire récente nous enseigne pourtant le contraire.

Avec l’annonce par le comité de transition des libéraux d’un déficit caché de 1,5 à 2 milliards de dollars dans le budget Marois de mars dernier, nous pouvons nous questionner sur la volonté des libéraux de régler avec l’Intersyndicale le dossier de l’équité salariale dont les coûts se chiffreraient à un peu moins d’un milliard de dollars.

Quelle sera la position du gouvernement libéral lors de la négociation du renouvellement des conventions collectives du secteur public qui se terminent en juin prochain ? On sait que les salaires et les conditions de travail ont besoin d’un sérieux relèvement.

En 2004, comment le réinvestissement dans la santé, l’éducation et le renouvellement des conventions se conjuguera avec des baisses d’impôt – donc de revenus pour le gouvernement – de un milliard par année pendant cinq ans ?

De plus, selon le programme libéral, on peut s’attendre à la fin du moratoire sur le développement des garderies privées et des petites centrales hydroélectriques, à l’abolition des régies régionales favorisant ainsi le lobby des institutions du réseau de santé auprès du ministère.

Du côté du secteur privé, quel sera le rôle d’un Michel Audet, ancien président de la Chambre de commerce du Québec et ténor néolibéral du patronat? Celui-ci favorise l’affaiblissement maximal de l’article 45 du Code du Travail de façon à faciliter les sous-contrats, dénonce les « taxes sur la masse salariale » et prône la réduction de la couverture de la CSST pour les accidentés du travail.

Si ces attaques se matérialisent, le mouvement syndical sera appelé à radicaliser son action s’il veut défendre les intérêts de ses membres et les droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses.

Pour la nécessité de l’éducation politique

Nous devrons cependant tirer les leçons de notre histoire récente. N’oublions pas que c’est sous l’administration libérale au début des années 1990, après l’échec de la CSN lors de la dernière grande grève dans le secteur public en 1989, que le mouvement syndical s’engageait dans la « concertation » avec la signature de contrats sociaux et les conventions longue durée, avec ses succès et échecs dépendant de la conjoncture économique. Un bilan de cette orientation pour l’ensemble des organisations syndicales reste toujours à faire.

Chose certaine, dans cette nouvelle conjoncture politique les organisations syndicales doivent poursuivre l’éducation politique de leurs membres. Elles l’ont fait avec succès pendant la dernière campagne électorale autour de l’ADQ. Elles doivent poursuivre sur la mondialisation et les négociations de la Zone de Libre Échange des Amériques qui aboutiront en 2005.

Et finalement, à travers les combats contre les restructurations d’entreprises qui tuent les emplois, la lutte pour le maintien des services publics, les luttes liant questions sociales et la questions nationales, travailler de façon principale à cette nécessaire unité du mouvement ouvrier pour faire reculer le néolibéralisme qui prend de plus en plus un visage unique : celui de l’Empire américain.

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