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Québec : on vote pas ! Parti des abstentionnistes.
N° 219 - mai 2003

Les Québécois ont-ils voté pour le changement ?
Marc Laviolette
Après quinze jours de guerre, un jour de débat des chefs et quinze jours de guerre, « Les Québécois ont voté pour le changement ». Ces paroles étaient sur toutes les lèvres et écrites dans tous les papiers d’analyse que j’ai pu lire sur le résultat des élections. Les résultats étaient clairs : Libéraux : 45,92 %, Parti québécois : 33,2 % et Action démocratique : 18,24 %. La vague de fond du changement avait emporté le gouvernement du Parti québécois. Pourtant, le taux de participation à 70 % était le plus bas depuis 1927 et le taux de satisfaction du gouvernement se chiffrait à 51 %. Les Québécois seraient-ils incohérents ?

Non. Pour le commun des mortels il n’y a aucune différence entre le Parti libéral et le Parti québécois, surtout quand ce dernier met sous le tapis son option souverainiste. Le Parti libéral est du centre droit et le Parti Québécois sous l’administration Bouchard, un conservateur, a gouverné au centre droit pour se repositionner au centre gauche sous Bernard Landry. Ce repositionnement a permis à ce dernier de sauver les meubles évitant la débâcle certaine du PQ que plusieurs observateurs prédisaient à ce parti, il y a à peine un an.

Les Québécois aiment être gouvernés au centre. Alors centre gauche ou centre droit n’est qu’une question de nuance et, pour empêcher leur gouvernement de « s’encrasser », on opte pour l’alternance. Dans cette élection la nouveauté, « la fraîcheur » était incarnée par l’ADQ de Mario Dumont. Mais depuis un an, le débat social sur son programme néolibéral qu’ont mené les médias, les organisations syndicales et progressistes de la société a « discarté » à court terme ce parti comme alternative crédible de changement. Ce parti a cependant triplé en neuf ans ses appuis populaires, ceux-ci passant de 6,5 % du vote en 1994 à 18,1 % en 2003.

Dans ce qui s’annonçait en début de campagne comme une lutte à trois autour du modèle québécois (conception de l’État, conciliation travail-famille, santé, éducation, fusions municipales) tout en excluant la question constitutionnelle (souveraineté et fédéralisme), la campagne aura été une course à deux où les Québécois ont opté pour l’alternance. La contribution de l’ADQ aura été de forcer le débat sur le modèle de société que le Québec voulait se donner.

Dans ce type de campagne, le vote souverainiste, mesuré de façon constante dans tous les sondages entre 40 et 45 %, n’y voyant tout simplement pas d’enjeux, n’est pas sorti. On a observé le même phénomène dans les comtés anglophones fédéralistes où le taux de participation a été aussi de 70 %.

Et la gauche ?

L’Union des forces progressistes (UFP) dans Mercier avec sa performance plus qu’honorable de 18 % du scrutin a démontré qu’elle n’était pas un accident de parcours.

Ces résultats donnent espoir à ceux qui rêvent d’une alternative politique aux partis traditionnels qui ont capitulé devant l’idéologie néolibérale.

Il reste cependant beaucoup de chemin à faire pour que cette organisation, encore dans l’enfance de l’âge, devienne une organisation de masse ayant des moyens financiers et une machine électorale lui permettant de matérialiser son influence politique en votes et en une présence à l’Assemblée nationale. La proportionnelle est un ingrédient stratégique pour atteindre ce but. La promesse de Jean Charest d’introduire une réforme du mode de scrutin d’ici deux ans est à suivre…

Le Mouvement pour une démocratie nouvelle (MDN) aura donc un rôle clef à jouer au cours des prochaines années.

Finalement l’UFP devra gagner la sympathie et l’appui des organisations syndicales (plutôt proches du PQ) à son action politique si elle veut s’enraciner dans le peuple.

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