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Québec : on vote pas ! Parti des abstentionnistes.
N° 219 - mai 2003

Refus des étudiants de financer le seul journal francophone de l’université Concordia
Vincent Larouche
Lors des élections étudiantes et du référendum annuel qui ont eu lieu les 25, 26 et 27 mars dernier à l’université Concordia de Montréal, les étudiants ont refusé, lors d’un vote serré mais décisif, de financer le seul journal francophone de l’histoire de l’institution. Le comité de rédaction du Concordia Français dénonce ce « mépris du Québec francophone » et annonce qu’il continuera à publier, d’une façon ou d’une autre, l’année prochaine.

La seule question du référendum à avoir été refusée était celle proposant de financer le mensuel à raison de 6 sous par crédit. L’annonce des résultats a immensément surpris la rédaction du journal, qui croyait que le référendum était une excellente stratégie pour stabiliser sa situation financière à long terme. Les deux journaux anglophones de l’institution, le Concordian et le Link, disposent de budgets voisinant les 60 000 $ et 150 000 $ par année respectivement. De plus, la publicité, absente des pages du Concordia Français, remplit leurs pages en même temps que leurs comptes en banque.

L’université Concordia redevient par le fait même la seule université de la région métropolitaine à ne pas disposer d’un périodique de langue française. Par opposition, Le Délit est publié à l’université McGill depuis 27 ans, et ce, en étant financé de la même façon que son homologue anglophone.

Le comité de rédaction du Concordia Français souligne qu’alors que 5000 étudiants de l’université sont de langue maternelle française, et qu’un autre 10 000 additionnel parle et écrit couramment dans la langue de Molière, il n’existe pratiquement rien en français au sein de l’institution : pas d’association francophone, pas d’activités en français, pas de vie francophone. « Quand tu es francophone à Concordia, tu as deux choix, affirme Gabriel Anctil, fondateur du journal. Ou bien tu t’assimiles complètement, et tu parles en anglais même entre francophones, ou bien tu résistes. »

M. Anctil déplore aussi qu’à Concordia, « c’est comme s’il n’y avait jamais eu de révolution tranquille, comme si les francophones ne s’étaient jamais affirmés ».

Le Concordia Français avait vu le jour en janvier 2001, et avait jusqu’ici publié 8 numéros, tirés à 3000 exemplaires, ayant tous connu un grand succès. Durant sa courte et tumultueuse existence, le journal avait connu de nombreuses difficultés de financement ; il avait même été la cible d’actes de saccages en octobre dernier, près de la moitié de ses exemplaires ayant été dérobés d’un coup.

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