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Ce qu'on nous cache sur l'irlande du Nord
N° 215 - décembre 2002
Conflit à la Louisiane Pacific au Lac Saint-Jean
Le Québec forcé de suivre les mœurs Américaines ?
Vincent Larouche
" La Louisiana Pacific, le nouvel employeur américain de l'usine exige l'abolition du régime de retraite des employés, sous prétexte que ce n'est pas dans ses mœurs et qu'aux États-Unis, de tels régimes n'existent pas ", nous explique Evans Simard, le président du syndicat des 163 travailleurs et travailleuses de l'usine de panneaux de bois à lamelles orientées (O.S.B.) de Chambord, au lac St-Jean, en grève générale illimitée depuis le 24 mai dernier. Les négociations sont au point mort, aucun dialogue n'ayant eu lieu depuis l'arrêt de travail. La mondialisation serait-elle synonyme de nivellement par le bas des acquis des travailleurs?

Le régime de retraite à prestations déterminées, où la compagnie garantit un certain montant d'argent aux retraités, avait déjà été obtenu de peine et de misère en 1996 face à l'ancien propriétaire, le groupe Forex. Les employés, affiliés au Syndicat des Communications, de l'Énergie et du Papier (FTQ), avaient alors obtenu la clause de justesse, non sans avoir préalablement été cherché un vote de grève à 93%.

Quatre ans plus tard, une compagnie américaine, la Louisiana Pacific, se porte acquéreur de tout le groupe Forex, qui comprend trois usines de panneaux O.S.B. et deux scieries. Lors de la réouverture de la convention collective, en 2001, le nouvel employeur exige dès la première journée de négociations qu'un conciliateur soit présent. Après un an de tractations, la Lousiana Pacific demande l'abolition du régime de retraite à prestations déterminées et propose plutôt aux employés un REER collectif, plus conforme aux mœurs des investisseurs américains.

Malgré une campagne de peur de la part de la compagnie, les travailleurs et travailleuses votent à 99,6% en faveur de la grève, qui est déclenchée le 24 mai 2002. Le conflit est surveillé de près par les employés d'autres usines de la région, dont la majorité dispose (encore?) d'un régime à prestations déterminées.

Malgré l'étirement du conflit et l'approche du temps des fêtes, le moral demeure élevé parmi les grévistes. Le syndicat dispose d'un bon fond de grève, et dit envisager diverses possibilités pour accentuer la pression sur l'employeur. L'éventualité d'un boycott a même été évoquée, mais selon M. Evans Simard: "Si on se rend là, il faut être bien organisé. On ne se lancera pas là-dedans à moitié. Un boycott, il faut que ça fasse mal". Aux dires de celui qui a connu divers propriétaires à l'usine de Chambord, les relations avec la Lousiana Pacific sont plus difficiles car il s'agit d'une société en bourse, où on ne peut traiter directement avec le propriétaire.

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