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Embargo : Esso - McDo
N° 218 - avril 2003

Entretien avec Amir Khadir, Omar Aktouf et Gaétan Breton
Pierre Dubuc
Leurs photos se retrouvent partout sur les poteaux au cœur de Montréal. Ce sont trois intellectuels engagés et militants. Nous avons discuté avec eux de guerre et de mondialisation, du rôle des intellectuels et, bien entendu, de la campagne électorale et des chances de leur parti, l’Union des forces progressistes. Ce sont Amir Khadir, Omar Aktouf et Gaétan Breton, respectivement candidats de l’UFP dans les comtés de Mercier, de Rosemont et de Sainte-Marie-Saint-Jacques.

Difficile de ne pas parler de cette guerre déclenchée au beau milieu de la campagne électorale. « La dénonciation du gouvernement Chrétien est trop timide, de dire Omar Aktouf. Il fallait, comme Chirac, la déclarer illégitime. Ça aurait été la moindre des choses ».

La logique contre laquelle nous nous battons

Gaétan Breton y voit la conséquence de l’idéologie de la mondialisation. « C’est la logique contre laquelle nous nous battons à l’UFP. Dans ce contexte, nous devenons le seul parti pertinent, le seul qui s’oppose à la mondialisation et à la guerre ».

Selon Amir Khadir, la guerre prend de court l’ADQ. « C’est la famille politique de Dumont qui est pour la guerre, les néo-conservateurs américains et les alliancistes canadiens. Il est mal pris. Il est obligé de se taire, étant donné le fort mouvement pacifiste au Québec. »

Aktouf trouve que la quasi-absence de réactions des partis politiques québécois à la guerre démontre la superficialité de leur discours. « Je sillonne la province et, partout, les amphithéâtres des cégeps et des universités sont bondés pour m’entendre parler de mondialisation et de guerre. »

L’UFP, le chaînon manquant

Amir Khadir pense que les événements en cours vont permettre d’aller plus loin dans la remise en cause du modèle néolibéral et favoriser éventuellement le développement de l’UFP. En fait, les trois ont l’impression que le processus est déjà en cours et que l’UFP lève davantage qu’ils ne l’auraient imaginé.

« Il y a un regain d’intérêt pour la politique. Je viens de prononcer une conférence au cégep Bois-de-Boulogne et il y avait plein de monde, ajoute le candidat dans Mercier. Nous avons connu au Québec, au cours des dernières décennies, de forts mouvements populaires et sociaux. Qu’on pense à la Marche des femmes, ou à la mobilisation contre la Zléa lors du Sommet de Québec, ou contre la guerre actuellement avec les plus grosses manifestations de l’histoire du Québec. Mais il y a une absence de traduction des revendications féministes, sociales et pacifistes au plan politique. Il y a un chaînon manquant. Je pense que l’UFP est en train de le combler. »

L’UFP doit être crédible

Omar croit que le terrain politique a été cédé aux businessmen. Gaétan explique, lui, qu’une grande partie de la gauche a décroché du système politique. « Il n’est pas simple, dit-il, de reconvaincre les gens de l’importance de l’action politique et électorale. Mais, ajoute-t-il, il y a un retour des intellectuels dans les affaires publiques. Il y a du mouvement. Plusieurs s’inscrivent à l’UFP. »

Amir Khadir parle de l’importance de ne pas rétrécir la politique aux seules actions électorales. « Il faut être un parti des urnes et de la rue, un parti proche des organisations communautaires ».

Tous réalisent évidemment l’importance que l’UFP fasse un bon score lors du prochain scrutin. « Il est important pour l’UFP de se montrer crédible si on veut que des gens comme Françoise David ou François Saillant embarquent éventuellement avec nous. La perception qu’ils, et plusieurs autres, auront du sérieux de notre démarche est importante. »

Gaétan Breton est d’avis que le score qu’ils pourront réaliser dans les comtés centraux de Montréal que sont Mercier, Rosemont et Sainte-Marie-Saint-Jacques pourrait être déterminant. « C’est toujours dans ce coin-là de Montréal que sont partis les mouvements de contestation qui se sont développés par la suite dans le reste du Québec. C’est là que nous allons commencer nous autres aussi. »

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