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Embargo : Esso - McDo
N° 218 - avril 2003

Sécurité : un choix de société
Vincent Larouche
Le besoin de sécurité est vital pour tout individu vivant en société. Chacun a besoin de se sentir à l’abri des dangers, des agressions, des prédateurs. Selon Pierrot Péladeau, il existe deux grands modèles en matière de sécurité: le modèle industrialo-sécuritaire, que les pays comme le Canada, les États-Unis et la Grande-Bretagne ont adopté, et le modèle communautaire.

Le premier modèle provient d’une conjonction entre les services de police, voire aussi l’armée, et certains grands industriels. On demande à l’État d’injecter des sommes faramineuses dans certaines technologies de pointe, principalement dans le domaine informatique, au profit des services de sécurité qui pourront ainsi accroître de façon gigantesque leur pouvoir de surveillance et de répression. En Grande-Bretagne, ce sont des dizaines de milliers de caméras vidéos de surveillance que les services policiers ont fait installer pour surveiller l’espace public.

Cette tendance, déjà observable depuis très longtemps, s’est accentuée à la suite de la chute en bourse des grandes entreprises reliées à l’informatique et à l’internet. L’augmentation des budgets gouvernementaux alloués à la sécurité a permis de relancer quelque peu ce secteur de l’économie. Selon M. Péladeau, souscrire au modèle industrialo-sécuritaire, c’est « abandonner notre sécurité à un État policier ».

L’autre option, soit le modèle communautaire, présente selon M. Péladeau un grand désavantage qui explique son manque de popularité dans les sociétés occidentales: il est extrêmement efficace et peu coûteux, si bien qu’il ne plaît pas à l’entreprise privée, qui veut voir rouler l’économie. Le modèle communautaire passe par la responsabilisation des groupes et des individus afin qu’ils s’occupent eux-mêmes de leur sécurité. Par exemple, dans un quartier, les gens qui se tiennent sur un coin de rue apportent de la sécurité au dépanneur du coin, et le dépanneur apporte aussi de la sécurité aux gens circulant dans la rue.

En s’appuyant sur un urbanisme intelligent où l’on évite de créer des banlieues uniquement résidentielles qui se vident durant le jour et des quartiers industriels désertés le soir, un tel modèle est très sécuritaire. Le modèle peut aussi s’appliquer aux usagers de l’internet, où des communautés se forment, partageant des mesures de protection et conseils de sécurité… sans avoir besoin de coûteux systèmes de surveillance gouvernementaux.

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