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Embargo : Esso - McDo
N° 218 - avril 2003
La grève du soutien à l’Université de Montréal
On en a ras le bol !
Stéphanie Beaupied
Ça grouille autour de l’Université de Montréal ! Les 2000 employées de soutien de l’université, en majorité des femmes, sont en grève depuis la fin du mois de février, et il y a du monde pour piqueter !

Les grévistes sont à 80 % des femmes qui travaillent dans les secteurs de l’aide financière, des bibliothèques ou des secrétariats. À en croire les médias, le seul problème du conflit concerne l’équité salariale. Mais en discutant avec les employés de l’université, on comprend que la grève provient avant tout d’un ras-le-bol généralisé à l’endroit de la direction qui se permet de violer la convention quand bon lui semble. C’est ce que deux piqueteurs au métro Édouard-Montpetit m’expliquaient un bel après-midi du mois de mars.

Chambardement dans les postes

Danielle, chef de cette ligne de piquetage et secrétaire de direction, me déclare d’entrée de jeu : « Nous sommes en grève pour un non-respect de la convention collective ». « Ils ont redéfini la notion de poste sans nous demander notre avis », ajoute Charles Normandin, manœuvre-chauffeur.

En fait, l’administration a gagné en arbitrage et possède désormais le pouvoir de distinguer le quart de travail du poste lui-même. Danielle nous explique : « Rapidement, des gens se sont retrouvés au quart de soir sans avoir un mot à dire. Imaginez les mères monoparentales ! » « Et les gens qui ont des familles ! », renchérit Charles Normandin. « Ça fait 25, 30 ans que l’on fonctionne comme cela ici, me dit Charles, on perd tout ce que l’on a gagné ».

Au diable l’ancienneté !

Et ce n’est pas tout, la direction joue dur lors des affichages de postes. Pour outrepasser la règle de l’ancienneté, elle demande des exigences très précises et rend ainsi les postes inaccessibles à la plupart des employés.

Selon Danielle, « pour travailler à la bibliothèque de la santé, ils demandaient un DEC et trois ans d’expérience dans le milieu de la santé. Cela veut dire que quelqu’un qui travaille à la bibliothèque des lettres ne peut même pas appliquer. Ça nous visse à nos chaises. On n’a plus d’avancement. »

La direction qui fait non, non, non

Les employés se plaignent de l’attitude des patrons. À la semaine de quatre jours, c’est non ! Pourtant « elle est dans notre convention collective, me dit Charles Normandin, mais l’employeur refuse toujours de nous l’accorder ».

Pour obtenir de la formation supplémentaire, c’est non ! Selon Danielle, « les directeurs ne veulent pas nous libérer lorsque nous désirons recevoir une formation. Cela nous limite encore une fois ! »

Pour aller aux assemblées syndicales, c’est non ! Les employés de l’Université de Montréal ont eu du mal à assister aux réunions. Toute leur besogne devait être terminée, sans quoi les directeurs des départements refusaient qu’ils quittent l’ouvrage.

L’équité dans les poches de la haute direction

Le dossier de l’équité salariale est toujours sur la table. Selon le syndicat, le salaire devrait être augmenté de 0,90 $ de l’heure pour être équivalent aux professions à prédominance masculine. Mais le pire pour les employées de l’Université de Montréal, c’est la « modeste promotion » que la haute direction s’est votée avant les fêtes. « Une hausse salariale de 39 % », s’exaspère Charles Normandin». « Ils se sont fait un beau cadeau de Noël », ajoute Danielle. Et voilà pour l’équité !

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