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Embargo : Esso - McDo
N° 218 - avril 2003
Entrevue avec Raymond Legault de la Coalition Échec à la guerre
Embargo : Esso McDo
Pierre Dubuc
« Il y a beaucoup d’inquiétude devant ce coup de force énorme qu’est l’agression contre l’Irak », nous dit Raymond Legault, porte-parole de la Coalition Échec à la guerre, pour expliquer l’ampleur des mobilisations qui ont vu, à trois reprises, plus de 200 000 personnes descendre dans les rues de Montréal et des dizaines de milliers d’autres ailleurs au Québec. De plus, ajoute-t-il, « ils nous sortent des menteries grosses comme le bras ».

Il n’est pas étonnant de retrouver Raymond Legault à la Coalition Échec à la guerre. Il est membre du groupe Objection de conscience qui lutte depuis quatre ans pour la levée des sanctions contre l’Irak. En janvier 2000, il faisait partie de la délégation – avec Pierre Foglia, Françoise David, Amir Khadir – qui s’est rendue en Irak.

Embargo : Esso et Mcdo

La Coalition est présentement en train de peaufiner sa stratégie et ses moyens d’action. « Nous avons lancé le mot d’ordre « Embargo : Esso et Mcdo » contre ces symboles américains par excellence, mais il reste à le documenter et produire du matériel d’explication, explique Raymond. Nous devons également nous coordonner avec ce qui se fait ailleurs dans le monde, ajoute-t-il. Nous n’appelons pas pour l’instant à un boycott organisé, avec lignes de piquetages, de ces deux entreprises. Le mot d’ordre a plutôt un objectif de sensibilisation. Des mots d’ordre plus précis viendront au cours des prochaines semaines ».

Il faut dire que la Coalition est rapidement devenue une grosse organisation, ce qui implique une certaine lourdeur dans les prises de décision. « Il y a actuellement 195 organismes membres, des grosses centrales syndicales aux petits comités de voisins d’un même quartier », raconte Raymond. Tous les groupes peuvent en faire partie et envoyer des représentants aux assemblées générales. Les informations se trouvent sur le site Internet de la FIIQ qui abrite la Coalition (www.fiiq.qc.ca).

La droite s’organise

Raymond Legault note que la droite est maintenant en train de s’organiser pour appuyer les États-Unis. « Les va-t-en-guerre se cherchent des vedettes », dit-il. Et ils sont en train de s’en trouver avec Robert Dutrisac, l’animateur de l’émission Les Francs-tireurs et Lysiane Gagnon de La Presse.

Au plan canadien, la contre-attaque contre le gouvernement Chrétien est en marche. L’ambassadeur américain Cellucci et l’ancien premier ministre Mulroney ont ouvert le feu. Les premiers ministres de l’Ontario, de la Colombie-britannique et de l’Alberta ont pris position en faveur d’un appui aux Etats-Unis. Les grands médias canadiens, comme le National Post et le Globe and Mail, sont dans le camp des pro-américains. Seul le Toronto Star continue à appuyer Chrétien.

Au Québec, La Presse, Le Soleil et les autres journaux de Gesca sont contre la guerre. Cela n’est sans doute pas étranger au fait que leur propriétaire, Power Corporation, est un des principaux actionnaires de TotalFinalElf et que Paul Desmarais siège dans le conseil d’administration de la pétrolière franco-belge. La compagnie avait des promesses d’alléchants contrats avec le régime de Saddam Hussein (voir pages 10 et 11). Les liens étroits de Paul Desmarais avec le Parti libéral – son fils a épousé la fille de Jean Chrétien – ne sont sans doute pas étrangers à la prise de position du gouvernement Chrétien.

Solidairement contre la guerre, affichons notre couleur !

En réponse aux codes de niveau d’alerte (jaune, orange et rouge) décrétés par le gouvernement américain pour entretenir la paranoïa, la Coalition Échec à la guerre a lancé l’Opération Code blanc pour signifier, nous dit Raymond, « qu’un autre code de couleur peut représenter la sécurité à laquelle aspirent tous les hommes et toutes les femmes de la Terre, le CODE BLANC symbolisant la paix, assortie d’une plus grande justice ! »

« Le port du ruban blanc permet de nous reconnaître entre nous », dit-il, et la vente des rubans blancs permet aussi le financement des activités de la Coalition. Les grandes organisations nous aident en assumant les frais d’impression et d’autres dépenses, mais le système de son des grandes manifs coûte 5000 $ en location », nous dit Raymond en invitant tous les pacifistes à se procurer des rubans (coût : 1 $ l’unité). On peut passer des commandes par courriel à Mme Chantal Roy (croy@fiiq.qc.ca) ou par téléphone au (514) 987-1300, poste 330.

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