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Vidéotron : les femmes ne lâcheront pas l'os.
N° 217 - mars 2003

Les techniciennes en laboratoire envisagent la grève !
Stéphanie Beaupied
L’Association professionnelle des technologistes médicaux du Québec (APTMQ) est présentement en tournée dans le Québec à la recherche d’un mandat de grève. Contrairement à la plupart des autres syndicats du secteur public et parapublic, l’APTMQ a refusé au printemps 2002 la prolongation d’un an de la convention collective. S’ajoutent à cela les dossiers de la relativité et de l’équité salariale. Nous avons rencontré Francine Genest, la présidente de l’APTMQ.

Francine Genest explique : « Devant l’augmentation des congés de maladies de la surcharge de travail et du nombre d’emplois précaires, nous avons refusé de renouveler la convention collective. Trop de problèmes ne sont pas réglés ». L’APTMQ conteste depuis plus de dix ans la cote de rangement attribuée aux technologistes par le gouvernement dans le dossier de la relativité salariale, auquel s’ajoute aujourd’hui l’équité salariale.

À travail égal, salaire moindre !

« Avant 1989, souligne Francine Genest, les technologistes médicaux, de même que les inhalothérapeutes, les techniciens et techniciennes en radiologie et radio-oncologie étaient dans la même catégorie salariale que les infirmiers et infirmières. L’exercice de relativité salariale effectuée par le gouvernement à la fin des années 1980 s’est fait sans nous, précise-t-elle, et depuis nous le contestons.» Rappelons que trois critères déterminent le rangement salarial : la scolarité, les responsabilités et les risques reliés au métier.

Depuis, la profession des technologistes médicaux est reléguée derrière celle des infirmières et infirmiers, une profession déjà sous-payée. L’écart salarial pour les finissantes de cégep est de près de 2 000 dollars par année. « C’est pire pour les cytotechnologistes, ajoute Francine Genest. Leur plafond salarial est plus bas que celui des infirmières même avec une année de scolarité de plus. » En fait, la formation supplémentaire exigée des techniciennes et techniciens de laboratoire n’a pas d’impact sur leur taux horaire.

Quelle équité entre informatique et laboratoire ?

S’il faut en croire les échelles salariales du gouvernement, le métier de technicien en informatique est plus risqué et comporte davantage de responsabilités que celui de technicienne de laboratoire. Dès la fin des études, les techniciens en informatiques touchent un salaire annuel d’environ 36 200 $. C’est 5 200 $ de plus que les techniciennes en laboratoire. De plus, ils atteignent leur plafond salarial en 9 ans, alors qu’il en faut douze pour les technologistes de laboratoire.

Bientôt la grève ?

En décembre dernier, l’APTMQ a reçu une « nouvelle » proposition du gouvernement. Elle est presque identique à celle rejetée au printemps 2002 ! Outré, le conseil général de l’APTMQ prend les grands moyens. La grève est à l’ordre du jour. « On ne fera pas la grève de gaieté de cœur !, lance Mme Genest. Mais il faut toujours lutter pour faire valoir nos droits ! Nous sommes présentement en tournée régionale pour consulter nos membres. Si la réponse est positive, nous déclencherons la grève au moment jugé opportun ». Les résultats seront dévoilés au début du mois de mars.

Une profession féminine peu connue. Est-ce surprenant ?

L’APTMQ regroupe plus de 85 % des technologistes travaillant dans plusieurs branches du réseau de la santé au Québec. C’est une profession à 90 % féminine. Parmi leurs attributions, il y a la détection de diverses maladies dans le sang tels que l’anémie, le diabète ou la leucémie. D’autres travaillent dans les banques de sang et font face aux situations d’urgence avec les transfusions sanguines pour les opérations. Les cytotechnologistes sont spécialisées dans le dépistage du cancer. Elles recherchent des cellules cancéreuses au microscope comme dans le fameux PAPEtest. D’autres, enfin, en virologie, diagnostiquent des maladies comme le SIDA ou l’hépatite. Leur métier comporte des risques. Mme Genest nous raconte qu’une de leurs membres est décédée d’une méningite contractée au travail.

Toujours menacé par la privatisation

Au printemps 2002, l’APTMQ a repoussé le projet de privatisation des laboratoires proposé par la régie régionale de la santé. Francine Genest est fière de la lutte menée. « Nous avons stoppé la privatisation. Nous avons démontré que, dans les provinces canadiennes ayant privatisé le service, les coûts ont doublé et même triplé ! » Malgré cette victoire, l’APTMQ demeure aux aguets. « De nouvelles études proposent une “ gestion privée ” des laboratoires médicaux », raconte Francine Genest.

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