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La relève de la garde
N° 207 - mars 2002

Le tripoteur admirable
Michel Lapierre

Livre 0 Laliberté



« En plus des 700 choses tripotées en terre glaise, j'ai tripoté bien d'autres choses itou, confesse Alfred Laliberté, et si je vous disais tout, vous diriez 0 cet homme se vante, c'est un monstre ou un imbécile. » Sculpteur paillard, émule de Rodin, homme tout d'une pièce, Alfred Laliberté (1878-1953) a certainement un génie monstrueux. Il peut aussi bien donner de la grâce à un héros de quatre sous comme Dollard des Ormeaux qu’au premier baiser d’un très jeune couple nu.

Une quarantaine de monuments, allant des Patriotes au Curé Labelle en passant par Saint Joseph et le tombeau de Laurier, de bouleversantes allégories, plus de deux cents bronzes, inspirés en particulier des métiers traditionnels. Bref, un millier de sculptures. Nulle matière n'échappait aux dents de cet ogre. À travers les sujets les plus disparates, il ne visait qu'à exprimer la nostalgie de la nature. Le regret naïf de ne pouvoir reproduire tels quels l'air, le parfum, les sensations du toucher donne à la sculpture de Laliberté une authenticité qui la fait émerger de l'académisme.

Odette Legendre a su publier un magnifique ouvrage illustré à la hauteur du génie de son oncle. Existe-t-il quelque chose de mieux que l'allégorie Le Triomphe de la mécanique, dont un détail illustre la couverture du livre, pour exprimer ingénument l'impuissance québécoise de l'époque devant la modernité et sa représentation artistique ? Peut-être bien une autre poignante allégorie d'Alfred Laliberté, qui s'intitule tout bonnement L'Angoisse.

Laliberté, Odette Legendre, Fides, 2001

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