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La relève de la garde
N° 207 - mars 2002

Le sourire de Thérèse Daviau s’est effacé
Élaine Audet

La « terrible vivante » n’est plus



Le mouvement citoyen et l'ensemble des femmes viennent de subir une grande perte avec la mort de l'infatigable et chaleureuse Thérèse Daviau, membre-fondatrice du Rassemblement des citoyens et des citoyennes de Montréal (RCM) de 1974 à 1999 et véritable pionnière de la démocratisation de la politique municipale. C'est à ce niveau qu'elle avait choisi de s'engager, trouvant que c'était là qu'on était « le plus proche des gens et de leurs préoccupations quotidiennes ».

À chaque tournant de sa vie, Thérèse Daviau a démontré des qualités hors du commun que ce soit en élevant seule ses filles, en affrontant le conservatisme du maire Drapeau et de tous ceux qui s'opposaient à l'accès des femmes en politique, en parcourant de porte en porte le Plateau Mont-Royal, dont elle aimait l'esprit contestataire et la solidarité 0 en surmontant, lors de la tragédie de Polytechnique en 1989, la plus grande douleur qui puisse frapper un être humain pour la transformer en levier de changement en faveur d'un monde non violent pour que chacun et chacune prenne en main son destin. Jusqu'à la fin, elle n'a jamais cessé de donner généreusement sa voix aux luttes pour promouvoir la démocratie, le développement communautaire, la participation aux instances politique des femmes, des membres des communautés ethniques et des milieux défavorisés.

Avant tout, la passion pour ses filles

« Entre sa passion pour la politique municipale et la lutte contre la violence faite aux femmes, il y avait avant tout la passion pour ses filles », souligne un de ses collègues. Thérèse Daviau représentait les forces vives de la gauche citoyenne et féministe. Tous ceux et celles qui l'ont rencontrée n'oublieront jamais son sourire et l'énergie communicative qu'elle dégageait. Une « terrible vivante » nous a quittéEs, mais elle restera à jamais dans le cœur de ceux et celles qui ont partagé son enthousiasme et son incommensurable peine.

C'est en pensant à elle et à sa fille Geneviève que j'ai écrit, au lendemain de la tuerie de Polytechnique, le poème Ode aux sur-vivantes qui l'avait beaucoup touchée parce qu'elle y reconnaissait tant la douleur des mères que celle des filles immolées sur le bûcher de la misogynie 0

je vois ta mère

ses bras traînent à terre d'une telle absence

d'une si irremplaçable perte

tu entends sa voix qui escalade les ténèbres

et ton nom proféré

te rassemble dans l'indifférence de ce qui n'est pas

de ce qui n'est pas encore né

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