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Le vol de l'été se poursuit
N° 192 - septembre 2000

Le Mexique demeure le pays des maquiladoras
André Maltais
Vincente Fox ? No Problemo ! Les élections de juillet dernier ont apporté deux nouvelles à la population mexicaine 0 une bonne et une mauvaise. La bonne, c’est qu’après plus de 70 ans de pouvoir aussi corrompu qu’ininterrompu, le vieux PRI était presque tombé de lui-même; la mauvaise, c’est que le nouveau président, Vincente Fox, avait déjà commencé à livrer ce qui reste du pays en pâture aux investisseurs américains.

Le 25 juillet, Eduardo Sojo, coordonnateur de l’Équipe de « transition économique » du nouveau président élu, Vincente Fox, annonçait à des journalistes que la nouvelle administration envisageait une « réforme fiscale en profondeur » qui incluerait l’élimination de la plupart des taxes fédérales (dont l’impôt sur les voitures neuves, sur le commerce avec l’étranger et sur les biens d’affaires).

En même temps, la réforme augmenterait les taxes de vente, y compris celles sur les médicaments et sur la plupart des aliments.

À peine deux semaines après l’élection du PAN (Parti d’action nationale), les compagnies américaines se bousculent pour investir au Mexique. Selon Joel Millman du Wall Street Journal, « les fabricants de toutes sortes de choses, des composants automobiles aux hamburgers, se précipitent pour grossir leur chiffre d’affaires au sud de la frontière ».

La compagnie Goodyear, par exemple, annonçait le 25 juillet un investissement de 16 millions $ dans la construction d’une cinquième usine au Mexique.

Maquiladoras

Solectron, fabricant californien d’équipement manufacturier, suivait avec la construction de deux usines à Guadalajara pour une valeur de 30 à 40 millions $. Son concurrent, Jabil, annonçait aussitôt l’implantation d’une usine à Chihuahua (15 millions $).

Plusieurs de ces investissements deviendront des maquiladoras (usines d’assemblages exemptes d’impôts et produisant pour l’exportation). D’autres produiront pour la consommation des mexicains. Wendy’s, par exemple, annonçait le lendemain de l’élection une augmentation de 8 à 100 du nombre de ses restos fast food sur le territoire mexicain au cours des cinq prochaines années.

Le Wall Street Journal ajoutait que le PRI ne nuisait certes pas à ce genre d’investissements, mais que la marge confortable de la victoire de Vincente Fox (excluant toute rumeur de fraude électorale) et la transition qui se fait jusque là relativement en douceur allaient convaincre encore plus d’entreprises à renforcer leur présence au Mexique.

Dans le même article du 13 juillet 2000, Randy Marks de InterAmerican Holdings, une firme de San Diego spécialisée dans les conseils aux moyennes entreprises désireuses de se délocaliser au Mexique, affirme que son portable ne dérougit plus depuis les élections.

Un exemple 0 Guilford Mills, fabricant de textiles, annonce le 28 juillet le licenciement de 10 % de sa main-d’œuvre américaine (au nombre de 4 800 personnes) parce qu’il déménage une partie de ses opérations de Greensboro (Caroline du Nord) vers Tampico (Mexique).

Sentences exemplaires

Pendant ce temps-là, début juillet, huit paysans indiens de la région de Loxicha dans l’état de Oaxaca étaient comdamnés à des peines incroyables de 40 ans de prison chacun (en plus d’amendes de 10 247 $ américains !) pour des crimes allant de l’homicide au terrorisme, en passant par le sabotage.

Ces paysans de la nation Zapotèque avaient été arrêtés quatre ans auparavant lors d’une série de descentes militaires peu de temps après que la guérilla EPR (Armée révolutionnaire du peuple) eut attaqué des postes de police et des casernes militaires au cours de la nuit du 28 au 29 août 1996 dans la ville touristique de Huatulco.

Les prisonniers, appuyés par la Ligue mexicaine des droits de l’homme, nient tout lien avec les rebelles de l’EPR et affirment qu’on les a forcés à signer des aveux en blanc sous la torture.

Un groupe de chercheurs de l’Université autonome de Mexico est venu révéler qu’on soupçonnait depuis peu le sous-sol de la région de Loxicha d’être riche en uranium et en titanium, ce qui expliquerait les sentences exemplaires survenant soudainement quatre ans plus tard.

Sous contrat avec le gouvernement, une compagnie minière canadienne, Kennecott, mènerait en ce moment un projet de prospection secret dont le nom de code est « Elvira ».

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