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Le vol de l'été se poursuit
N° 192 - septembre 2000

La Crise de la pêche autochtone est une question de... jugements !
Pol Chantraine
Emboîtant le pas à leurs amis et alliés de la bande de Burnt Church, au Nouveau-Brunswick, les Mic-Macs de la réserve de Restigouche, au Québec, ont, cette fin août, mouillé des casiers à homard à Miguasha, dans la Baie des Chaleurs. Alors que les autorités de Pêche et Océans Canada jugent ce geste « tout à fait illégal » et n’attendent qu’une météo favorable pour saisir ces engins de pêche, les autochtones considèrent que s’il y a infraction, elle relève de l’administration interne de la réserve et ne concerne pas l’autorité fédérale.

Le problème de la bande de la Restigouche n’est cependant pas le même que celui de Burnt Church, où les autochtones ont mis à l’eau des casiers à homard pour défier le ministère des Pêches. Cette dernière bande est la seule des 35 de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick à n’avoir pas conclu d’entente avec Pêches et Océans Canada quant à son intégration dans la pêche commerciale, jugeant les conditions faites par l’autorité fédérale inférieures aux avantages auxquels les autoriserait le fameux jugement Marshall de la Cour suprême, rendu le 17 septembre 1999.

Le jugement Sparrow

La bande de Restigouche a, au contraire, conclu une entente de 16 millions de dollars avec le ministère fédéral pour son intégration dans la pêche commerciale (achat de bateaux, agrès, permis, etc.). La mise à l’eau de casiers à homard à Miguasha se fonde sur un autre jugement de la Cour suprême, le jugement Sparrow, qui permet aux autochtones une pêche de subsistance. Selon les modalités régissant cette pêche, il revient au Conseil de bande de désigner les pêcheurs autorisés à la pratiquer, les braconniers relevant des « rangers » (police interne) de la réserve. Or, ceux-ci sont précisément à Burnt Church pour prêter main forte à la bande locale, en but à la colère des Blancs du coin...

L’intervention de Pêche et Océans Canada contre les braconniers pourrait ne pas être aussi fondée en droit que les gardes-pêche le pensent.

Selon une source interne, les heurts avec les autochtones suite au jugement Marshall sont en train de rendre le métier de garde-pêche très périlleux, surtout dans l’Ouest canadien, où ils ont été victimes d’une vingtaine d’attaques qualifiées de « sournoises », causant des blessures. Plusieurs sont en convalescence pour traitement psychologique et beaucoup aspirent à être mutés à des postes de la fonction publique plus tranquilles.

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