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Le vol de l'été se poursuit
N° 192 - septembre 2000

Les femmes de la boulangerie ont obtenu gain de cause
Pierre Klépock
« Les hommes riaient de nous autres! » En grève depuis le 3 décembre 1999, les 48 employées de bureau de la boulangerie Multi-Marque de Laval ont repris le travail le 26 juillet dernier. Les syndiquées, membres de la CSN, se sont prononcées à 87 % en faveur de leur nouvelle convention collective. « C’est une victoire syndicale, nous avons atteint tous nos objectifs 0 la garantie de travailler au moins 35 heures par semaine, la protection de nos emplois, un régime de retraite, cinq jours de congés de maladie par année, l’amélioration des congés de maternité et des augmentations de salaire qui tiennent compte de nos besoins », a déclaré Sandra Pratt, présidente du syndicat.

D’une durée de trois ans, le contrat de travail prévoit des augmentations de salaire de 11 % à 18 % pour les salariées régulières et de 22 % à 32% pour les travailleuses occasionnelles. En plus, elles ont reçu un montant forfaitaire se situant entre 1 300$ et 2 600 $.

Un autre acquis de la grève, c’est l’unité et la solidarité qui ont été renforcées entre les employées. « La grève a permis de mieux nous connaître, ça nous a donné confiance. On s’est organisé en plusieurs comités 0 santé-sécurité, griefs, relations de travail. Maintenant, nous avons une meilleure protection syndicale », ajoute Sandra Pratt.

Des scabs déguisés en camionneurs

« Une nuit, nous avons bloqué l’accès à 99 camions. Avec nos petites voitures, on rentrait sous les poids lourds. Les chauffeurs nous bavaient, mais on se défendait », poursuit la syndicaliste. Les patrons n’ont vraiment pas de scrupule à défier les lois du travail, comme les mesures anti-briseurs de grève. Le code du travail devrait être plus sévère contre l’emploi de scabs, affirmer l’obligation pour les entreprises d’arrêter toute production et distribution lorsque les travailleuses et travailleurs sont en grève, et prévoir de plus fortes pénalités contre les boss récalcitrants.

On travaille pas pour un p’tit pain

Les femmes salariées ne voulaient pas se contenter des miettes. « Les hommes de la boulangerie riaient de nous autres, ils attendaient l’issue de la grève, ils étaient certains qu’on perdrait la bataille, mais on a obtenu gain de cause. Nous, les femmes, avons ouvert le chemin aux hommes pour leur prochaine négociation. Nous en sommes fières », conclut la présidente du syndicat.

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