L'aut'journal
Le mardi 2 juin 2020
édition web
L'aut'journal
archives
Retourner à L'Aut'Journal au
jour le jour

Recherche
accueil > l’aut’journal > archives > sommaire > article
Les femmes au pouvoir
N° 177 - mars 1999

Je lutte, tu luttes, elles luttent
Anne-Marie Tremblay
La profession enseignante est majoritairement occupée par des femmes. Comme le stipule la loi québécoise sur l'équité salariale, on doit effectuer une comparaison entre les métiers traditionnellement féminins et les métiers traditionnellement masculins jugés équivalents. Sur ce point déjà, il y a litige entre gouvernement et syndicat.

Discrimination systémique

La CEQ compare le métier d'enseignante et d'enseignant avec celui d'ingénieur, de conseiller d'orientation et de psychologue (classé au rangement 21). Le gouvernement le classe plutôt avec les agents de gestion financière, les animateurs de pastorale et les travailleurs sociaux (rangement 19). " Cela occasionne, au chapitre des salaires, une différence d'environ 2000 $ avec les demandes de la CEQ au sommet de l'échelle salariale ", explique Monique Pauzé du Syndicat de l'enseignement de Champlain.

" Pourtant, on s'était entendu sur certains points à la table de négociation. Mais lorsqu'est venu le temps de faire une offre, le gouvernement est revenu sur certaines de ces décisions, diminuant ainsi de beaucoup les compensations offertes ", déclare Madame Pauzé.

Discriminations antérieures

Actuellement, deux facteurs permettent aux enseignants d'obtenir une hausse de salaire0 le niveau de scolarité et l'expérience. Il existe donc sept échelles de salaire qui dépendent du niveau de scolarité (il varie entre 14 et 20 ans).

Cette disposition touche largement les femmes, puisqu'elles avaient souvent moins de temps à consacrer à la formation, à cause de leur rôle traditionnel de mère et trop souvent de ménagère. Selon les données de 1996, 4651 femmes et 5 743 hommes détenaient 19 ans de scolarité.

Les personnes qui ont 14 et 15 ans de scolarité proviennent de l'ancien système scolaire, qui permettait aux gens d'enseigner avec 12, 13 ou 14 ans de scolarité. En majorité, ce sont des femmes qui se retrouvent dans cette catégorie, puisque à cette époque, l'éducation des filles était beaucoup moins valorisée socialement. Les femmes se destinaient ainsi plus souvent au brevet B et C, plus courts que le brevet A, majoritairement obtenu par des hommes.

Seule la formation universitaire est prise en compte lorsque l'on calcule le niveau de scolarité. Pourtant, beaucoup d'ateliers de mise à jour et de formation sont disponibles pour les enseignantes et les enseignants. Par exemple, plusieurs stages ont été offerts sur l'utilisation des ordinateurs. Malgré leur importance, ils ne sont pas pris en considération lorsque vient le temps de calculer le salaire. Les enseignantes et les enseignants qui vivent loin des centres universitaires sont aussi défavorisés, puisqu'ils n'ont pas nécessairement accès à la formation requise pour changer d'échelle salariale.

La CEQ propose donc de modifier l'échelle salariale actuelle pour ne conserver qu'une échelle unique basée sur l'expérience. Pour favoriser le perfectionnement, les personnes qui posséderont plus de formation graviront les échelons plus rapidement. Ainsi, tous et toutes pourront accéder au sommet de l'échelle salariale, jusque là réservé aux détenteurs de doctorat (19 et 20 ans de scolarité).

Ofres gouvernementales

Le 4 février dernier, le gouvernement annonçait qu'il était prêt à donner 100 millions aux enseignantes et enseignants pour éliminer les écarts salariaux. L'offre du gouvernement ne touche que le personnel enseignant du préscolaire, du primaire et du secondaire. Pourtant, une étude menée par le ministère de l'Éducation et le Conseil du trésor concluait que le métier d'enseignant était le même, quel que soit le niveau. Sous le poids de l'argent, le gouvernement recule encore. C'est un montant sept fois plus bas que l'on a offert à la CEQ.

Le gouvernement Bouchard se vante d'être un pionnier en matière d'équité salariale. Par contre, lorsqu'il entrevoit la facture, assez salée je vous l'accorde, il oublie ses grandes promesses de justice sociale. Ces luttes syndicales sont de la première importance, surtout que le gouvernement a lui-même instauré cette loi. Malgré cela, il fait montre de mauvaise volonté, accentuant ainsi les tensions syndicales. Il est certain que l'équité salariale n'apporte pas grand chose au PQ, puisqu'il s'inscrit hors des principes de rentabilité, de profits et de déficit zéro!!!

Retour à la page précédente

Partager cet article Imprimer cet article


 


Réseau Média
© l'aut'journal 2002
 
l'aut'journal sur le web
L'aut'journal sur le Web a
été réalisé par Logiweb.