L'aut'journal
Le mardi 19 novembre 2019
édition web
L'aut'journal
archives
Retourner à L'Aut'Journal au
jour le jour

Recherche
accueil > l’aut’journal > archives > sommaire > article
Le salaire du patron
N° 176 - février 1999

25ième anniversaire d’une grève exemplaire
Pierre Klépock

Unis contre United Aircraft



Il y a 25 ans, le 9 janvier 1974, débutait l’une des grèves les plus violentes et les plus longues de toute l’histoire du syndicalisme nord-américain. La grève de la United Aircraft (aujourd’hui Pratt and Whitney) à Longueuil. Cette lutte ouvrière symbolise la résistance, pendant 22 mois, des 2 000 membres de la section locale 510 des TCA-FTQ face à une firme «transnationale». Ce conflit fut caractérisé par l’emploi de briseurs de grèves et des milices patronales armées. L’employeur avait la réputation d’être farouchement antisyndical. Il refusait fermement, entre autres, la représentation et la sécurité syndicale.

Le conflit traînant en longueur, la bataille culminera dans une violence extrême le 12 mai 1975 lorsque les grévistes «occuperont» l’usine pour déloger les «scabs» protégés par la police0 34 syndiqués furent matraqués jusqu’au sang et arrêtés par une centaine de policiers. L’indignation et la colère sont grandes. Le 21 mai, une grève de solidarité de 24 heures, à l’appel de la FTQ, mobilise plus de 100 000 travailleuses et travailleurs. Après presque deux ans de résistance, le syndicat remporte une victoire modeste. Les véritables gains, comme le précompte syndical (Formule Rand) et les dispositions anti-briseurs de grève deviendront obligatoires au Québec après la réforme du Code du travail en 1977.

«Si on regarde l’histoire, c’est grâce au combat syndical des années ‘60-’70 que le gouvernement a adopté des droits sociaux pour l’ensemble de la population. Plusieurs de ces droits sont remis en question par le patronat, aujourd’hui considéré comme partenaire par nos centrales... Depuis 1964 on se bat dans l’usine pour les droits humains de nos membres. Sans rapport de force contre les boss, on ne peut obtenir de meilleures conditions de travail,» de dire Claude Vincent. À la question s’il était présent lors du conflit de ‘74-’75, c’est avec émotion qu’il répond oui. Il écrit actuellement les 35 ans de vie syndicale dans l’usine. Histoire de se souvenir...

Retour à la page précédente

Partager cet article Imprimer cet article


 


Réseau Média
© l'aut'journal 2002
 
l'aut'journal sur le web
L'aut'journal sur le Web a
été réalisé par Logiweb.